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Histoire de migration

Illegal immigrant crossing sign - "the American Mirror"
Cette histoire de migration, histoire de frontière traversée, est très touchante. Sans doute parce qu'elle est racontée comme elle a été vécue. Ce n'est qu'une histoire, comme l'auteur le souligne en conclusion, l'histoire d'une personne parmi les milliers qui ont tenté d'entrer aux USA et qui ont été appréhendé.

Cette histoire ne dit pas combien arrivent à traverser ni combien abandonnent, ou perdent la vie dans ce qui s'avère être une tentative désespérée. Ils fuient la pauvreté, bien sûr, mais aussi ses petites soeurs, la violence et la persécution.

La migration, moi je veux la savoir sous tous ses angles, parce que depuis des générations, elle est gravée dans mes gènes.




Poème en images


On voyage parfois en soi. Souvent même, je dirais.
Pérégrinations sans but, estivages sans bagage
Et les contrées qu'on arbore ont des couleurs et des parfums 
Que personne ne saura jamais. Jardins secrets...

Parfois, pourtant, on devine le tréfonds de l'âme d'un voisin. 
Humain à qui on tend la main
Ces couleurs pâles ou vives qu'on écrase du pinceau de nos pensées,
Traits nets ou flous de dessins incertains,
Sur la toile de nos silences,
Prennent alors l'air d'une vieille chanson
Qui nous a marqué
Et qu'on murmure aux oreilles de l'ami, de l'aimée.

Beatles in Technocolor - Beki Lantos

Over the Rainbow - Beki Lantos
Merci à Beki Lantos, artiste de la Région de la Capitale nationale, d'avoir partagé son oeuvre avec moi.  


Vie (vide) de Diaspora


Il y a exactement trois ans, j'ai entamé ce billet. Je viens de le terminer pour votre plus grand plaisir.


"Winnipeg, Octobre 2012

Il y a quelques années, j’ai invité une amie qui habite dans une de ces belles capitales d'Afrique de l'Ouest, à me rejoindre dans la vallée de la Rivière Rouge, où moi j’habitais. 


La rivière Rouge est une rivière d'Amérique du Nord qui marque la frontière des États du Minnesota et du Dakota du Nord. Elle a de particulier qu'elle se jette dans le lac Winnipeg situé dans la province du Manitoba, au Canada. Il ne faut pas la confondre avec la rivière Rouge du Québec.  

Mon amie m’a expliqué qu’elle voudrait bien venir me voir mais que cela coûtait encore plus cher d’acheter un billet de son pays vers le Canada que l’inverse. Voici ce que j’ai répondu :

Source: www.postcolonialstudiesassociation.co.uk
« C'est un mythe basé sur l'idée que cela prends plus de francs CFA (FCFA, la monnaie utilisée en Afrique de l'ouest) pour faire un dollar, et que comme on vit en dollars, c'est plus facile. Seulement, tu ne connais peut-être pas le coût de la vie ici. Nous gagnons plus (en FCFA) mais dépensons également plus: un hamburger au McDonald coûte 4$ soit 2.000FCFA sur une base de 1$/500FCFA. Combien coûte un burger là où tu vis? N'est-ce pas le même ordre de prix?

Pour un salaire annuel net de 20.000$ (10.000.000FCFA) si tu dois payer ton appart à 600$ mensuel ou 7200$ annuel (3.600.000FCFA) l'eau, l'électricité et le chauffage 75$ mensuel ou 900$ annuel (450.000FCFA) et le transport en commun 100$ mensuel ou 1200$ annuel (600.000FCFA), le panier de nourriture (500$ mensuel ou 6000$ annuel ou 72.000FCFA) il te reste exactement 4700$ (2.350.000FCFA) pour l’année soit 391$ (195.500FCFA) par mois pour payer le téléphone cellulaire, la télé, quelques sorties, tes études supérieures (entre 600$ (300.000FCFA) et 2000$ (1.000.000FCFA) par cours pour un programme de 10 cours). Déjà là, tu t'endettes…

Alors, comment aller te voir, à 2.000$ (1.000.000FCFA) le billet plus les dépenses sur le terrain, sans compter que tu continues de payer ton loyer et autres frais ici. Ces calculs sont basés sur le coût de la vie dans une ville canadienne où la vie coûte moins cher. Essaie Toronto ou Vancouver...

Ce n'est pas facile ici non plus, cousine... »

Mes calculs étaient rapides, et peut-être grossiers. J’ai essayé de brosser un portrait de la vie d’une partie de la Diaspora, celle qui souffre de ne pas pouvoir rester aussi connectée qu’elle le voudrait au Continent. J’ai essayé de démontrer qu’ici comme ailleurs, la vie est un champ de bataille quotidien et que peu importe où on est, l’argent reste le nerf de la guerre qu’on y mène pour survivre. J’espère y être arrivé."


J'ai quelques amis économistes et c'est vers eux que je me tournerai pour "résoudre" cette équation. Quant à vous, qu’en pensez-vous ?

Migrations et célébrations

D'une part, il y a Marie*. Sa spécialité: le réseautage. Je ne l'ai rencontrée qu'il y a un an mais durant les huit mois qu'a duré notre collaboration, elle m'a tiré d'affaires bien des fois, me mettant en contact avec des membres de la haute direction du ministère où je travaillais lorsque j'avais le plus besoin de leur appui. Elle m'a permis de retrouver espoir, quand les cieux semblaient m'avoir abandonné. J'ai quand-même perdu la bataille -et mon emploi- mais je n'oublierais jamais les leçons de Marie sur l'importance de prendre le temps de remercier les autres, de les écouter, d'apprendre à les connaître et de toujours leur rendre un service, justement, quand on leur en demande un.

D'autre part, il y a Gina*. Je ne l'ai rencontrée qu'une fois, il y a neuf mois, à une conférence de jeunes professionnels, mais elle était tellement gentille que je n'ai pas cessé d'essayer de la revoir. J'ai été autant séduit par sa nature amicale et généreuse que par le tempérament calme et posé de son fiancé qui assistait au même évènement. Depuis, je lui ai écrit, je leur ai écrit, en vain. Bien que nous soyons "connectés" sur Facebook, je n'ai plus de contact avec Gina ni son fiancé. Une intuition profonde me pousse cependant à rester patient et à persévérer. Un jour peut-être me répondront-ils?

Il y a plusieurs points communs entre Marie et Gina. J'ai rencontré l'une et l'autre dans le cadre de mon travail. Elles sont toutes les deux employées du gouvernement fédéral. Leurs conjoints le sont également. Mais au-delà de ces similitudes que partagent des milliers de personnes, il y a qu'elles se sont toutes les deux mariées en septembre 2012. Elles étaient sublimes dans leurs robes, rayonnantes au milieu de leur entourage et paraissaient comblées. Elles ont en commun que cela m'a profondément troublé.  Je m'explique.

Photo: Amalia Grey
Un des problèmes majeurs des nomades et des migrants permanents, c'est la quantité et la qualité des liens qu'ils peuvent tisser autour d'eux. S'ils ne repassent pas régulièrement par les mêmes endroits, s'ils ne revoient pas périodiquement les mêmes gens, il leur est impossible de tisser des liens profonds et durables car un des ingrédients essentiels pour cela, c'est le temps. Il faut passer du temps avec les personnes pour apprendre à les connaître, les apprécier, les aimer et les détester. Il faut du temps pour se réjouir ou souffrir ensemble, il faut du temps pour partager ou se battre. Il faut du temps pour devenir amis. Vrais amis.

Les amis du nomade global que je suis devenu se trouvent aux quatre coins du monde. Ils vivent entre Milan, Cotonou, Hong Kong, Tananarive, Madrid, Basse-Terre, Riobamba, Montréal, Los Angeles, Winnipeg et ailleurs. Gatinois depuis un peu plus d'un an, je commence à peine à tisser les relations profondes de la qualité de celles qui ont semé mon parcours.

J'ai une telle estime pour Marie et pour Gina que j'aurai aimé assister à leurs mariages. J'aurai aimé célébrer ce moment magique avec elles, graver leur bonheur sur le film ou sur l'écran de mon appareil photo, rencontrer leurs familles et leurs amis, applaudir et danser avec eux. J'aurai été profondément touché si elles avaient compris mon attachement.

Cependant, outre le fait que nos relations n'étaient que professionnelles, il faut aussi compter avec les limites des budgets de tels évènements. De plus, comment expliquer que j'ai appris, à force de trimbaler mes bagages d'un pays à l'autre, à faire confiance au sixième sens qui me guide vers les personnes avec qui je m'entends bien et à me lier très rapidement? Comment expliquer qu'elles peuvent me faire autant confiance qu'aux proches qui ont toujours fait partie de leurs vies, alors que j'y débarque à peine? Enfin, comment expliquer que je regrette de ne pas être présent pour mes amis qui habitent à Milan, à Cotonou, à Hong Kong, à Tananarive, à Madrid, à Basse-Terre, à Riobamba, à Montréal, à Los Angeles, À Winnipeg ou ailleurs et que j'aimerais participer aux célébrations des événement heureux ou moins heureux de ceux qui vivent dans la même ville que moi, comment le dire sans paraître égoïste?

*Prénoms d'emprunt

Afrique. Indépendances. Madagascar

Coat of arms of MadagascarImage via Wikipedia
J'ai récemment redécouvert la Grande Île de l'Océan indien où j'ai passé quelques années de ma vie. Je vous invite par la voie de l'internet à y faire un tour aussi "pour y découvrir entre autres de jolies photos, l’enthousiasme des combats de coqs et la belle architecture d’Antananarive."

Madagascar est indépendante depuis le 26 juin 1960.



Rebloggé de All Eyes On...
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Immigrants qualifiés: le Canada préfère des cuisiniers aux avocats

A Canadian Customs and Immigration service signImage via WikipediaKwesi Tawiah-Benjamin qui vit à Ottawa aborde ici les questions de l'immigration et de l'emploi. Il rappelle les déboire de nombreux immigrants qui se retrouvent sous employés quand ils ne sont pas simplement au chômage. Arrivés au pays avec des diplômes et de l'expérience de travail, ils ont du mal à faire valider ceux-ci et à trouver un emploi dans leurs domaines de formation. Le chômage "déguisé" prend donc de plus en plus d'ampleur dans cette tranche démographique.

"There are government-sponsored career-assisting centres that are paid to help internationally trained professionals find jobs. But the issue is not the jobs; it is the fact that they are internationally trained for locally made jobs. In most cases, internationally-trained means internationally over-qualified, which in fact means locally under-qualified."

D'autre part, des personnes qui n'ont pas fait le choix de venir au Canada décrivent la politique d'immigration canadienne comme vicieuse. Sous des airs d'ouverture et d'accueil, il s'agirait plutôt d'une politique sélective qui a comme conséquence de drainer les cerveaux des pays en voie de développement. Offrant de meilleures conditions de vie, le Canada paraît plus attirant à tous ces jeunes professionnels qui vivent dans les pays du sud.

Dossiers à suivre.



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"N'émigrez pas ! L'Europe est un mythe" - Enfin un immigré qui ose dire la vérité (via All Eyes On...)

Un billet très intéressant et un livre sur les "réalités" de l'immigration.

"N'émigrez pas ! L'Europe est un mythe" - Enfin un immigré qui ose dire la vérité

"N'émigrez pas ! L'Europe est un mythe" - Enfin un immigré qui ose dire la vérité "N'émigrez pas ! L'Europe est un mythe" est paru en mai dernier aux éditions Jean-Claude Gawsewitch. L'auteur Omar Ba, immigré sénégalais, parle sans langue de bois de la dure réalité de l'immigration en France. Si certains sont arrivés dans l'hexagone sans emcombre pour étudier par exemple, d'autres y sont venus dans l'espoir d'une vie meilleure, par des moyens plus ou moins illégaux et n'ont rien trouvé en France à la hauteur de leurs espoirs. … Read More
via All Eyes On...

Hauts et bas d'un artiste afro-canadien

fmm2007_knaan_03Image by retorta_net via Flickr

Extrait de "Between the highs and the lows, life happens" de K'naan


I was a teenager in Toronto when it first hit me. The intolerable fear of insanity. You see, as Somalis, the fine art of psychoanalysis is not something we’ve learned to appreciate. You’re either a crazy person or you’re not. And since I didn’t really know any Canadians, there was no one to explain to me the sudden flood of anxiety attacks, depression and insomnia.

It’s fitting, I thought. I’ve escaped a war with minor injuries, adopted a new country where even laziness could be transformed into an opportunity for success, and I thought I would get away clean? Of course there had to be some tragic balance to this overbearing fortune. God, I thought, did I really have to choose between peace and sanity. I remember having these thoughts alone in a living room, pacing up and down, opening and closing windows in a frenzy, but one mid-afternoon when I ended up in a bathtub still half dressed, I decided that I should tell someone.

Mom said that the answer was in the Koran. My answer to her was, didn’t the Koran say to seek help from professionals? And so we did. Doctor after doctor, blood test after blood test, and they would all conclude that I was fine, almost blushing about how perfectly healthy I was. It went on this way for a while, but the unsummoned tears continued, the voices in my head were getting more opinionated than my own voice. So I made excuses to hide from it. It was all beginning to be too painful to live with.

At this point I was already fancying myself as someone with some musical talent. I could often find a little poetry in me if I needed to. Kids in the neighbourhood thought I could rap and if, on a good day, I went to the mall with friends, I would spend all my time inside Radio Shack playing their little keyboards until they kicked me out for not buying.

My first songs were written in this condition. One song, called Voices In My Head, I remember writing during a particularly torturous anxiety attack. I had gotten the news of a Somali boy who was a friend in Toronto, leaping to his death from the 20-something floor of an old high-rise we once lived in.

Another song, a kind of a happy one actually, In The Beginning, was written and recorded on my way to check into the emergency room. A minor stop to a major event, I thought. In reality, all my life was in the minor key, but it was out of defiance that I wrote it all on major.

And where am I now? I suppose they’re right to say that I’m flying high. I was recently honoured with two Juno awards for these songs of desperation.

And at the moment, I’m writing this on a plane from China where I had just performed at the World Expo. But once again, it seems that the great balancing act is in motion. Somalia is worse now than it was when I left at age 13. And while my career has some mentionable highs, my romantic life is adorned with the quiet lows. So I suppose this all means more songs.

I didn’t turn out to be an optometrist. But I do hope that in some way, my music opens an eye or two, to a great continent of both immeasurable beauty and struggle. And to my own life, written as a country disguised as a person.
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Carnets de voyage: Khalid Loda



Être de retour sur un campus universitaire permet d’assister à des évènements intéressants. Je fais des rencontres enrichissantes et j’en apprends beaucoup. C’est ce qui est arrivé le 18 novembre dernier, lors de la semaine de l’éducation internationale. Durant une présentation intitulée « Promouvoir la citoyenneté mondiale », un de mes collègues étudiant à la maîtrise en administration publique, Khalid Loda, a parlé de son parcours d’étudiant au Maroc, en Angola, aux États-Unis et au Canada à la Rotonde de l’Institut français de l’Université de Regina.




D'abord dubitatif, j’ai très vite compris que l’histoire de Khalid avait quelque chose de différent de la mienne et que je gagnerai beaucoup à l’écouter. Bien que nomade global comme lui, plusieurs aspects de nos parcours sont distincts et sa narration m’a même permis de me réconcilier avec une partie de mon histoire. Les notes que j’ai prises n’ont tenu que sur deux petites pages de mon carnet, les voici. J’aimerais tout particulièrement les partager avec les duraliens et duraliennes qui depuis environ un an, me permettent de mieux comprendre, d’accepter et d’embrasser les conséquences de nos migrations. (DURALA veut dire « D’Une Rive À L’Autre. » C’est une émission de radio et un concept décrivant les membres de la diaspora afro caribéenne, inventé par Khady Beye, que j’ai rencontrée par l’intermédiaire de Ndack Kane (blog: Comprendre et agir.) Les deux gagnent à être écoutée –pour l’une, et lue –pour l’autre.)




Khalid est un sympathique jeune homme de 30 ans. A trois ans, il quitte le Maroc pour l’Angola. Papa, qui a également vécu au Moyen-Orient, a choisit de quitter le Maroc de la fin des années 70. Il est conseiller en affaires dans le domaine de l’énergie. Khalid qui va étudier à l’école française, va y vivre avec sa famille jusqu’à ce que la guerre civile ne le permette plus. Il retourne alors au Maroc à l’âge de 12 ans et va y passer les huit années suivantes. Puis, de 1998 à 2006, il va vivre à sa façon le « rêve américain », jouer au basket dans une ligue mineure et poursuivre ses études, avant de retourner sur sa terre natale. Frustré par les difficultés d’intégration qu’il vit, Khalid revient vers l’Amérique et choisit cette fois de s’installer au Canada. Regina semble pour lui l’endroit rêvé car elle est située dans une province dont le coût de la vie abordable et la situation géographique lui permettent de poursuivre ses études universitaires et de rester proche de son frère resté au Dakota du Nord.




A cause de l’âge qu’il avait et de la durée de son séjour dans chaque pays, Khalid a profondément ressenti les défis de ses migrations. Il a également eu le loisir de les analyser et c’est avec acuité qu’il a guidé nos regards sur son cheminement. En Angola, il a appris la langue et vécu les frayeurs d’un conflit lié à la guerre froide. De retour au Maroc, il a dû apprendre la langue, les meurs et la culture d’un pays natal qu’il n’a jamais vraiment connu. L’abondance des denrées et la société de consommation de masse l’interpellent, lui qui a vécu les rationnements et les pénuries que provoquent les conflits armés. Aux États-unis, c’est un nouveau choc culturel; il faut composer non pas seulement avec l’apprentissage d’une nouvelle langue, mais aussi avec le racisme des noirs américains dont l’attitude change quand ils apprennent que le Maroc ne se trouve en pas en Amérique Latine mais sur le continent… noir! Par contre, l’attitude ouverte des canadiens le laisse d’abord incrédule : multiculturalisme et tolérance? Il faut le vivre pour le croire.




À travers ses pérégrinations, Khalid a su « garder » son identité qu’il porte dans son cœur. Elle l’a aidé, dit-il, à traverser avec succès ces différentes expériences. Khalid est d’abord et avant tout musulman et a toujours tenu à respecter les préceptes de l’Islam, quel que soit le pays ou les conditions dans lesquels il a vécu. Marié depuis peu à une femme norvégienne d’origine marocaine, Khalid répond en souriant à la question d’un étudiant curieux de savoir s’il repartirait vers un autre pays : « pourquoi pas? On verra bien… Ma femme me dit que je peux vivre et travailler en Norvège vu que je parle anglais et elle a envie d’y retourner… » Pour les conjoints de Khalid et des nomades globaux, l’adage « Qui prend mari, prend pays » n’a vraiment pas lieu d’être.

Carnets de voyage: Chez Dawn

20h14. Je suis arrivé chez Dawn à la tombée de la nuit. La maison était éclairée, Mark est passé avant que je n’arrive. Je n’ai jamais vu autant de livres à la fois dans une même maison! Seules les bibliothèques et les bureaux de mes professeurs d’université regorgent d’autant de manuels. Thème central: la spiritualité. Hum hum... On y reviendra. Car ces murs transpirent également la présence de Dawn et justement, sa très forte spiritualité. Dawn, qui gère le "Centre for the Urban Spirit." Je suis chanceux de pouvoir découvrir la vie de quelqu’un d’une autre partie du Canada « par l’intérieur » et à travers son espace personnel. Il faut de l’humilité pour s’ouvrir ainsi à un étranger...


Fatigué, J’ai fait le tour des lieux et je me suis avachi dans un vieux divan devant la télévision silencieuse : il me fallait encore faire entrer mes bagages, m’installer et trouver quelque chose à manger. J’ai opté pour une pizza qui a mis deux heures à arriver. La nuit agitée que j’ai passé, enfin, m’a rappelé une autre dimension des voyages.

J'aime à penser que nos oreillers et nos couettes portent en eux l’essence de nos rêves, la somme de nos aspirations, de nos tristesses et de nos joies, la trame de nos vies. Bien que préparé à mon attention, le lit portait les rêves de quelqu’un que je ne connais pas. Ma vie et mes songes ont eu un peu de mal à s’y loger, et mon corps à s’y blottir. J’ai senti que je n’étais pas encore chez moi et que m’adapter à cette nouvelle réalité nécéssiterait des efforts certains de ma part.

Banalités.


Mes premières séances de cours présagent d’un long semestre: j’aurais aimé avoir fini en une semaine, comme pour mes cours accélérés. Cette fois, il va me falloir être patient et adopter un nouveau rythme. Cependant, chaque problème se transforme en une opportunité d’apprentissage au moment où surgit la solution et il semble ne pas y avoir à s’en faire. Découvrir seul les rues de cette ville m'aide à pratiquer mon sens de l'orientation; désormais habitué à la vie conjugale, j'ai un malin plaisir à réapprendre à faire les courses, sonder mes besoins, choisir ce qui me plaît et éparpiller mes affaires dans un espace qui n'appartient qu'à moi. Situation aussi temporaire que rassurante. Alors je m'amuse à me regarder perdre et retrouver mon chemin.

Outre les livres, l'art occupe une place importante dans la maison de Dawn: statuettes et representations de la mère nourricière, paysages et visages en peinture, photos, cartes et citations suscitent mon constant émerveillement. C'est le genre d'espace que j'aime et que je veux recréer autour de moi. Je suis loin pourtant de tout ce qui m'est familier, je suis à Regina, chez Dawn.

Carnets de voyage: Highway No. 1


Mi –septembre 2009. Je roule à vive allure sur l’autoroute Numéro Un, qui relie les extrémités est et ouest du Canada. Pour la troisième fois cette année, je franchis par la route les six cents kilomètres et quelques qui séparent le périmètre de Winnipeg de celui de Regina et qui me rappellent à quel point j’aime ces prairies! Je ne cesse de tourner le regard du nord au sud, de gauche à droite : les champs sont immenses et il n’y a rien de tel que ces étendues vertes ou jaunes parsemées de bottes de foin qui n’attendent qu’à être engrangées pour l’hiver. C’est le temps des récoltes et bien que j’aie pris la route un dimanche, je peux enfin voir quelques fermiers s’activer sur leurs tracteurs. Au printemps, je les manqué de peu : il était encore trop tôt pour les semences quand je suis passé. Au milieu de l’été, les plantes en croissance nécessitaient moins de soin; il n’y avait donc personne à regarder travailler. Maintenant, j’ai vraiment l’impression de traverser le grenier du pays.

Ici, un troupeau de vaches broute tranquillement. Là, plusieurs kilomètres plus loin, je distingue près d’une grange les bras immenses du système d’irrigation utilisé: c’est un champ de patates que ces longues tiges mécanisées ont rafraîchi tout l'été et bientôt elles iront rejoindre tracteurs, fourches et bennes dans des granges emménagées à cet effet. Enfin, plus loin, les tournesols des champs voisins semblent être trop lourds pour lever la tête vers le soleil : il est temps de les récolter.

Les Prairies, c’est le bonheur de pouvoir admirer un coucher de soleil jusqu'au bout de l'horizon et ces champs sont devenus le nouvel océan au bord duquel j’aime à le faire. Elles me ramènent a mes lectures d’enfant peuplées de western, de cow-boys et d’indiens. Tantôt j'accélère parce que je veux arriver avant la nuit mais je ralentis bien vite en faisant un clin d’œil à l’astre solaire qui semble me sourire : c’est bientôt la fin de l’été, les moissons sont à moitié terminées, d’ici quelques semaines nous replongerons dans un cycle de trois saisons plus ou moins grises et nos Prairies s’endormiront; les champs se reposeront et la terre se régénéra pour nous donner un nouvel été vert, jaune et ocre de plantations de canola, de tournesols, de blé et d’émotions.

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Carnets de voyage: Regina

sk99g27 Regina, Saskatchewan, Goose Statue 1999Goose Statue 1999 Image by CanadaGood via Flickr

Je n'ai jamais vraiment aimé lire les carnets de voyage d'autres ou relire les miens. Les anecdotes sont souvent uniques et situationnelles et la probabilité de vivre les mêmes choses sont faibles bien que ces carnets donnent des trucs ou des idées, c’est certain. Mais je tiens à partager ceux-ci. Voici pourquoi : en choisissant de rester à Montréal à la fin de mes études, je mesurais mal l’ampleur de ma décision. Après un estivage au pied des volcans de la Cordillère des Andes durant lequel j’ai appris à connaître quelques pays comme ma poche, j’ai compris que je n’avais pas choisi d’immigrer dans une série de villes du Canada, mais bien dans un pays de la taille d’un continent. Je me suis donc proposé de le découvrir et d’apprendre à le connaître pour mieux le transmettre, le discuter, le critiquer et l’apprécier. Ces explorations m’ont mené de Beauce à Pilot Mound, Vancouver, Halifax, Moosamin, Winnipeg, Trois-Rivières ou Banff. Depuis 2007, je sillonne le Canada de long en large et ne manque aucune occasion de découvrir un nouveau coin.

Les plus intéressantes de ces incursions sont celles durant lesquelles je peux vivre un peu plus d’un mois auprès des gens de l’endroit et apprendre à les connaître. La plus récente m’emmène à Regina, au sud de la Saskatchewan où, sous le prétexte de finir un autre diplôme universitaire, je vais vivre durant les trois prochains mois. L’aventure à laquelle je vous invite consiste à découvrir cette ville avec moi et surtout, à comprendre pourquoi et comment les gens y vivent.

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Bon voyage!

Congrès pancanadien 2009 du Réseau canadien de développement économique communautaire. Comme souvent, quelques participants me demandent d'où je viens. Sempiternelle question à laquelle je réponds invariablement: "de Montréal". C'est un mécanisme de défense que j'ai développé et qui me permet de ne pas avoir à raconter tous mes voyages, mes âges, ni les paysages qui forgent mon identité.

Mais voilà: il est bientôt minuit, nous avons tous dormi entre quatre et cinq heures par nuit depuis deux jours, le vin a coulé à flot, ils sont sympathiques et ...ils parlent français! Alors je me lance. J'ai bien envie de discuter encore une fois de la question du "d'où viens-je?" et de repenser à mes amis "des deux mondes", d'ici et d'ailleurs. Ce qu'il reste de nos débats et des cartes griffonnées sur des serviettes de table se résume bien sur ce service de Google sur Facebook, le "trip advisor". Bon voyage!



Debriefing


Al retraso, pase una semana a Alma, con Luis-Miguel Tremblay, mi "jefe" y Noemie Pomerlau-Cloutier, la otra pasante del CSI-SLSJ.

Me senti como un pòlitico que tenìa que dar presentaciones a la radio y al equipo del CSI-SLSJ sobre su experiencia. Una manera de compartir el viaje y de ayudar los demás a viajar conmigo.

No se si es posible compartir trescientos fotos, el amor increíble por un pais, el gusto de la comida, los parfumes, la musica, las playas, los amigos.

Pero, hice lo que podía hacer.