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Adieu mon pays

Cette chanson d'Enrico Macias m'a rendu nostalgique et j'ai eu du mal à trouver une photo ou une image qui représente mon pays natal, tel qu'il est dans mes souvenirs. À la place, j'ai choisi cette photo prise il y a quelques années au cours d'une de mes nombreuses "haltes". Car après tout, voyageurs en transit, nous ne faisons que passer par les endroits que nous habitons.

  
"Adieu mon pays" photo: r. osseni

Poème en images


On voyage parfois en soi. Souvent même, je dirais.
Pérégrinations sans but, estivages sans bagage
Et les contrées qu'on arbore ont des couleurs et des parfums 
Que personne ne saura jamais. Jardins secrets...

Parfois, pourtant, on devine le tréfonds de l'âme d'un voisin. 
Humain à qui on tend la main
Ces couleurs pâles ou vives qu'on écrase du pinceau de nos pensées,
Traits nets ou flous de dessins incertains,
Sur la toile de nos silences,
Prennent alors l'air d'une vieille chanson
Qui nous a marqué
Et qu'on murmure aux oreilles de l'ami, de l'aimée.

Beatles in Technocolor - Beki Lantos

Over the Rainbow - Beki Lantos
Merci à Beki Lantos, artiste de la Région de la Capitale nationale, d'avoir partagé son oeuvre avec moi.  


Attachiant

Le mot de l'année au festival XYZ du mot nouveau au Havre: Attachiant : désigne une personne difficile à vivre mais dont on ne peut se passer.
D'autres nouveaux mots selectionnés :
- Aigriculteur :  Agriculteur découragé par les difficultés de son métier,
- Bête seller :  navet littéraire qui bat des records de vente
- Textoter  : écrire des textos
- Eurogner : faire des économies dans la zone euro
En 2010, c'est  "Phonard", un terme péjoratif pour désigner une personne qui abuse de son téléphone mobile, qui avait été choisi.
Source: Le Post

Hauts et bas d'un artiste afro-canadien

fmm2007_knaan_03Image by retorta_net via Flickr

Extrait de "Between the highs and the lows, life happens" de K'naan


I was a teenager in Toronto when it first hit me. The intolerable fear of insanity. You see, as Somalis, the fine art of psychoanalysis is not something we’ve learned to appreciate. You’re either a crazy person or you’re not. And since I didn’t really know any Canadians, there was no one to explain to me the sudden flood of anxiety attacks, depression and insomnia.

It’s fitting, I thought. I’ve escaped a war with minor injuries, adopted a new country where even laziness could be transformed into an opportunity for success, and I thought I would get away clean? Of course there had to be some tragic balance to this overbearing fortune. God, I thought, did I really have to choose between peace and sanity. I remember having these thoughts alone in a living room, pacing up and down, opening and closing windows in a frenzy, but one mid-afternoon when I ended up in a bathtub still half dressed, I decided that I should tell someone.

Mom said that the answer was in the Koran. My answer to her was, didn’t the Koran say to seek help from professionals? And so we did. Doctor after doctor, blood test after blood test, and they would all conclude that I was fine, almost blushing about how perfectly healthy I was. It went on this way for a while, but the unsummoned tears continued, the voices in my head were getting more opinionated than my own voice. So I made excuses to hide from it. It was all beginning to be too painful to live with.

At this point I was already fancying myself as someone with some musical talent. I could often find a little poetry in me if I needed to. Kids in the neighbourhood thought I could rap and if, on a good day, I went to the mall with friends, I would spend all my time inside Radio Shack playing their little keyboards until they kicked me out for not buying.

My first songs were written in this condition. One song, called Voices In My Head, I remember writing during a particularly torturous anxiety attack. I had gotten the news of a Somali boy who was a friend in Toronto, leaping to his death from the 20-something floor of an old high-rise we once lived in.

Another song, a kind of a happy one actually, In The Beginning, was written and recorded on my way to check into the emergency room. A minor stop to a major event, I thought. In reality, all my life was in the minor key, but it was out of defiance that I wrote it all on major.

And where am I now? I suppose they’re right to say that I’m flying high. I was recently honoured with two Juno awards for these songs of desperation.

And at the moment, I’m writing this on a plane from China where I had just performed at the World Expo. But once again, it seems that the great balancing act is in motion. Somalia is worse now than it was when I left at age 13. And while my career has some mentionable highs, my romantic life is adorned with the quiet lows. So I suppose this all means more songs.

I didn’t turn out to be an optometrist. But I do hope that in some way, my music opens an eye or two, to a great continent of both immeasurable beauty and struggle. And to my own life, written as a country disguised as a person.
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"La tirade du nez" Extrait de Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand

Cover of "Cyrano de Bergerac"Cover of Cyrano de Bergerac

C'est un clin d'oeil à une de mes passions que je vous fais partager... Toun

Acte 1, scène IV

CYRANO, imperturbable.
C'est tout ?...

LE VICOMTE
Mais...

CYRANO
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
En variant le ton,-par exemple, tenez:
Agressif: " Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! "
Amical: " Mais il doit tremper dans votre tasse !
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! "
Descriptif: " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! "
Curieux: " De quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ? "
Gracieux: " Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "
Truculent: " Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? "
Prévenant: " Gardez-vous, votre tête entrainée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "
Tendre: " Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "
Pédant: " L'animal seul, Monsieur, qu'Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamelos
Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! "
Cavalier: " Quoi, I'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode! " ,
Emphatique: " Aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "
Dramatique: " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! "
Admiratif: " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! "
Lyrique: " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? "
Naïf: " Ce monument, quand le visite-t-on ? "
Respectueux: " Souffrez, Monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue! "
Campagnard: " He, arde ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! "
Militaire: " Pointez contre cavalerie ! "
Pratique: " Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot! "
Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:
" Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître! "
- Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, I'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

DE GUICHE, voulant emmener le vicomte pétrifié.
Vicomte, laissez donc !

LE VICOMTE, suffoqué.
Ces grands airs arrogants !
Un hobereau qui... qui... n'a même pas de gants !
Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses !
...


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Pour Ndack et Bouba - Poème

Si je pouvais offrir des mots
À ces deux tourtereaux
Je ne parlerais pas d'amour
De passion - C'est si conventionnel!
ni même de "toujours"...

Tout ému, je leur offrirai un bouquet
De verbes, de fleurs et d'encre
Dont la beauté évoquerait à peine
Leur timide baiser
Et leurs pas de danse

Une gerbe de mots jolis
Qui jonglent et caracolent
S'envolent en mille morceaux,
Accompagnerait ces paroles
-Et ce n'est pas fini!

J'ajouterais - petite touche personnelle,
Des tiges de silène
Au long ruban
Bleu, noir et blanc de livres et de musique.
Enfin, coras, balafons et musiques
Amis, sport et famille, évidemment
Scelleraient à jamais le noeud de mon cadeau.

invitation - Poème

Invite à l'inconnue...

Viens te promener, amoureuse des mots,
Viens, amie des jours de silence
Confidente des nuits sans bruit,
Muette amie,
De paroles et de minuits ;
Inconnue partenaire de promenades solitaires,
D'ébauches gauches
Et de versifications intenses, viens-t-en!

Sous les capes protectrices,
De tes anonymes
Sans frayeur, sans malice,
Viens te rire de mes transes,
Des rêves de mon enfance
De mes faims, de mes danses
Et de mes pseudonymes...

Toun

JET rhymes II - Poème



Before you read this, please read the entry at JET Rhymes

-----Original Message-----
From: One
Sent: March 20, 2009 1:47 PM
To: Another

I hope that your day is going great

Maybe this weekend well go on a *date*

I got the movie from Coreen

You know that one we want to see!

The days been great, much less stressed,

And what about you, do you still need some rest?

I wondered if you ate your carrots yet

Since I havent seen the container I was going to take a bet

I met Teresa for some lunch

Since it was too late to have some brunch

The day is winding to an end

Ive work to do, so now Ill hit *send*



---------- Original message ----------
From: Another
Date: 2009/3/20
To: One


Hello Dear One, this is your Another
Who is okay but bored, and a little tired and "under"
Thanks for your rhymes and your nice poem
They look like a bouquet of roses or a big red stem


I checked the fridge, craving for something light
I saw them hiding and could not resist the internal fight



It is a really strange thing you and I have here
An intriguing expression of the bond we share
That thing we call "JET connection", you know
A powerful wave of love, a warm and invisible flow...

I checked the fridge, craving for something light
I saw them hiding and could not resist the internal fight



Few minutes ago I took a little break

Went to the board room, sat down and ate
I savoured them as you're writing to me
I cracked jokes and I cracked carrots to improve how I see

They had to go, no more illusion
Get in my stomach, better my vision


I thought about the rhymes we exchanged before

Back to the office, oh surprise! I had my "encore"
You had sent me nicer words than I could ever dream of
My blues, my lack of energy and my fatigue took off

They had to go, no more illusion
Get in my stomach, better my vision

The container now sits on my desk, empty

It's coming back home to my one-and-only
The rest of the day is definitely going to be great
And since you won your bet, we're going on a date!

Lee - Poème

Elle est belle. Je ne sais pas comment la décrire autrement. Elle est simplement gracieuse.

De taille moyenne, elle illumine son entourage de son sourire. Elle sait faire dire à ses yeux plus long qu'ils ne doivent en dire, et quand elle tend ses bras pour se rafraîchir, sous une pluie d'eau douce ou au soleil, c'est pour faire fondre d'envie tous ceux qui l'approchent pour la caresser. Son parfum varie au gré des saisons. Elle a réussi l'incroyable alchimie qui consiste à faire refléter ses humeurs par son odeur. Les effluves sensuelles qui l'enveloppent évoquent tantôt la tristesse d'un soir d'automne, la fraîcheur d'un matin d'hiver, tout l'espoir d'un midi de printemps ou la gaîté des après-midi d'été.

Elle est irrésistible. Quand mes yeux se posent sur elle, en quête de repos, en quête de beauté, quand ma main s'emmêle autour de ses doigts, c'est tout mon univers qui bascule et nous passons, elle et moi, quelques minutes de bonheur indescriptible. Je lui parle et elle me répond avec douceur et tendresse. C'est le nirvana.

Je vous présente Lee, ma plante, ma belle petite plante verte d'appartement.

Une femme nommée Wanda

Elle s'appelait Wanda. Je ne l'ai pas connue. Elle a occupé les espaces où je travaille jusqu'à deux ans avant que je n'arrive, puis elle s'est retirée. C'était une femme drôle, il paraît. Sa photo montre une femme mûre, bienveillante et qui a du cœur. Le genre de personne avec qui j’aurai eu beaucoup de plaisir à partager quelques minutes chaque jour.

Elle s’appelait Wanda et c’était une battante. Les derniers jours, ils lui ont donné deux heures. Elle a offert douze jours à sa famille. Je ne l’ai pas connue. J’étais là, simplement pour soutenir ceux de mes collègues qui l’ont connue, et sa famille bien sûr. Alors j’ai fait ce que je fais de mieux, j’ai écrit.

To Wanda’s family

They say we are made of dust
But there are also memories
Which with our stories
Make the strings of our lives

We also come up as fire
Ash, wood, wind and light
Burning of questions and desire
Pain, laughter, joys and doubts

They say we are made of water
Soft, delicious, or powerful blood
But water can be warm as well
Like smiles, family and love

Yes, we are also made of love
Caring, fighting, believing, binding

And comes silence before and after
Which with love, stories and fire
Silence which with dust and water
Makes it unique to walk through life


She is beautiful.

Je pense que la poussière et l’eau sont part de nous, autant que le feu de nos passions, l’amour et les questions. Et sans le silence d’avant et d’après, nous ne saurions pas apprécier le brouhaha de maintenant. Alors, quand vient l’heure de se séparer, rappelons-nous de célébrer la vie.

Hiver et autres saisons - Poème

Miroirs
Aimer et croire
Satyagraha
Apprendre pas à pas

Compassion
Fuir l’obsession
Ostentation
Partir d’ailleurs
De douleurs
Pour ouvrir des fleurs

Déboires
Faire la tournée des foires
Étalages
Parades et discrétions
Mariages
Orages et subversions

Lacs, soleil et soir
Ne plus vouloir
Espoir
Tranquillement regarder pleuvoir

J'ai joué sur les idées et le poème "Idées" de felyken, je n'ai pu me retenir... Pardon.

De l'universalité de l'humain

Le plus difficile en tant que nouveau citoyen d'un pays est sans doute la question de l'identité. La "génération zéro" n'a de cesse de chercher à se définir. Tous les aspects de la personne sont ébranlés et des textes comme celui-ci rassurent certainement un peu dans la mesure où ils ramènent à l'universalité de l'humain. Dès lors, ce qui importe pour l'immigrant n'est plus seulement de savoir à quel territoire ou à quelle nation il appartient, mais de se rappeler qu'il fait également partie d'un ou plusieurs groupes sociaux de par sa religion, ses intérêts, ses familles et ses passions.

« (…) la fonction sociale de la poésie en pays wolof ne fait aucun doute car le poète se veut d’abord un facteur de cohésion du tissu social. D’où la volonté didactique qui transparaît dans chaque œuvre.
(…) Tout art est engagement ; engagement de soi dans l’approche de l’autre qu’on veut séduire, combattre ou convaincre. (…) La création est un acte libre. Le poète ne se devrait d’avoir qu’une seule exigence: répondre à ce qui l’interpelle directement. Même s’il s’agit de faire de l’art pour le seul plaisir de ses sens.
Au delà de la poésie, toute œuvre: musicale, littéraire ou plastique qui obéit à une commande sans que l’âme du créateur y soit, trahit l’Art dont l’essence est la Liberté. »

Amadou Guèye Ngom, Critique social
Publié par Ndack dans La crise, un prélude à une autre page d'histoire

JET rhymes - Poème

One and Another are bored in their work place. They decide to try poetry and slam...

-----Original Message-----
From: One
Sent: October 22, 2008 2:36 PM
To: Another

I am eating carrots and I don't like carrots.

Carrots are orange and crunchy
They are good for your eyes
It is not a surprise
That I would rather eat some chocolate.

This was suppose to rhyme but it does not
Have no fear, I'm still here.

-----Original Message-----
From: Another
Sent: October 22, 2008 3:12 PM
To: One

I went to get the carrots

of my lunch bag too

and like a little parrot

I'm making rhymes for you

Chocolate is not good

Brownies are better,

Mostly when a sweetheart like you

Makes them with butter

I'm pretty busy,

And I am also happy

Not about the paper

That I'll write later

For my Master course

But cuz we're Wednesday

This means “business” day

And I practice basket ball

So if I'm not tired after it all

There'll be inter...!!!!

-----Original Message-----
From: One

Sent: October 23, 2008 10:30 AM
To: Another

Unlike the carrots the crackers are yummy
They feel real good down there in my tummy
The day is insane - lots of work to do
But now I think of me and you
Meeting rescheduled till later tonight
5 to be exact - I think that is right
I brought an extra key this time
And that will end my rhyme!

-----Original Message-----
From: Another
Sent: October 23, 2008 1:30 PM
To: One


Rhymes are definitely not easy

But when the day is slow anyways

And that I am not that busy

I like to take the time to play.

You did not need the extra key

But "better be safe than sorry"

I hate that I made you wait worry yesterday

the traffic, my humor, It was a very strange day

I was lonely, did not enjoy restaurant's food

It was sad not to be sharing it with you

Tonight I'll wait in the garage

To pay the price of this outrage!

Comprendre la rationalité


"Exprimer, formuler le questionnement t'aide à comprendre. Marguerite Duras a écrit un livre sur le sujet." C'est sur ces mots que mon amie, "l'économiste", m'a rassurée au sujet de mon "besoin d'écrire" et m'a convaincue de me mettre au travail et d'étaler ces mots qui me rongent les doigts. C'était en novembre dernier.

Pourquoi en parler maintenant? Simplement pour semer un caillou blanc dans la mémoire collective. Comme Cendrillon.

Merci Ndack.


Les lèvres (Poème écrit avec Gladys Otou)

Il a un grain de beauté sur la lèvre supérieure,
Et quand il sourit, il se mord la lèvre inférieure.
Ces lèvres, ses lèvres, qui ont conquis mon coeur…
J'ouvre les yeux. J'ai peur. C'est peut-être un leurre?
Non. Il me regarde dormir depuis six heures.
Je lui demande: mais ou étais-tu depuis l'heure?
Avec son grain de beauté sur la lèvre supérieure,
Il me sourit en se mordant la lèvre inférieure.

''J'étais dans un pays étrange" répond-il doucement
"Sans doute un rêve, et il y avait toi
Nous étions en voyage quelque part au bout du monde
En bateau, je crois bien, car il y avait de l'eau"
Et son grain de beauté sur la lèvre supérieure,
Me sourit quand il se mord la lèvre inférieure.

De l'eau, tu es sûr, lui demande-je de nouveau
"Oui, du vin, de la musique et des danseurs en ronde
Égayaient la soirée. Oh, et il faisait froid
Mais ta présence semblait me protéger des vents..."
Et son grain de beauté sur la lèvre supérieure,
Me sourit quand il se mord la lèvre inférieure.

Ces lèvres, ses lèvres, qui ont conquis mon coeur…
Je me frotte les yeux, j'ai peur. N'est-ce pas qu'un leurre?
Non. Il me regarde dormir depuis tant d'heures...

Souvenirs - Poème

"Je ne suis plus allé là ou nous allions
J'ai peur de cette terrasse et de ces balcons
Des feuilles sur le pavé, des chemins jaunes ou gris
Peur qu'ils me rappellent tes maux et tes soucis…

C'était une saison merveilleuse pourtant, et je ne sais plus
Combien de temps elle a duré. Seulement je me rappelle
De la cérémonie du thé et de ta voix claire et belle
Des échanges de livres, et de sourires à l'ombre des rues
De ce quartier populaire que nous aimions de tout notre coeur.
Je me souviens, ma mie, des cahiers que nous échangions,
De tes mots, de tes peurs, de tes sautes d'humeur
Amie, je me souviens aussi, des marches et des leçons…

Le temps passe et s'envole, comme un temple de sable,
Je ne demande pas qu'il me ramène aux demandes en mariage,
Amie, j'aimerais juste te revoir encore une fois, être capable
D'entendre ton rire en cascade et d'admirer tes yeux et ton visage.

Tu me manques ma mie, et si d'offrir ces mots à une inconnue
C'est avoir la chance qu'un jour tu les lises aussi,
Que tu voies l'expression de ma mélancolie mise à nue
Regarde, ils sont pour elle, tous pour elle, la verve et la poésie
Je les partage, je les lui montre, sans crainte ni jalousie
Seulement, lis-les un jour, s'il te-plaît, Ô ma perdue"