Devinez!

Devinez qui est ce beau monsieur d'une cinquantaine d'années? Non, ce n'est pas un de ses frères, un de ses neveux ou un cousin quelconque. C'est bien lui, Michael, le roi de la pop, ou du moins ce à quoi il ressemblerait s'il n'avait pas subi de chirurgie esthétique.

Il semblerait que l'année d'avant sa mort, il se demandait ce qui lui avait pris d'en subir autant. Il semblerait qu'il était désorienté et plein de regrets. Il semblerait qu'il n'avait plus envie de vivre. La chirurgie esthétique, comme les tatouages je crois, semble être aussi adictive qu'une drogue. Il a sans doute toujours voulu être beau. Surtout, M-Jay a toujours voulu rester jeune.


Vous l'avez sans doute entendu en long en large et en travers dans tous les médias du monde. Pardonnez-moi donc de revenir sur le sujet. Je voulais simplement souligner cet article de J. Randy Taraborrelli, le meilleur biographe que j'aie eu le plaisir de lire. Randy en tout cas, c'est celui qui à mes yeux a fait le plus justice à mon idole.

J'ai déjà fait mon éloge d'M-Jay. J'ai essayé dans "Gone Too Soon" de lui rendre un hommage bien personnel. Mais il m'arrive encore, quand j'écoute "Smile" ou "Keep the Faith", d'avoir une larme à l'oeil et de vouloir partager ces émotions avec vous. C'est de là que viennent ces mots.
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Société: racisme "ordinaire"

Anti-Racism Kensington 33Image by thivierr via Flickr


"Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur."

Ces anecdotes et quelques autres, Mustapha Kessous d'origine arabe nous les raconte avec élégance et pudeur comme le dit Léon-Marc Lévy dans "Des noms pas propres." Mustapha témoigne de sa vie en France dans Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde et victime du racisme" du 23 septembre dernier et Léon-Marc souligne le vrai problème: "Mon propos, c'est le nom qui tue. Le nom sans homme. Le nom propre qui devient nom commun pour charrier la haine collective de l'Autre. M. Arabe Kessous. M. Léon-Marc Juif. C'est meurtrier, tout le monde le sait. La police de Vichy travaillait comme ça : des listes de noms qui donnaient des listes de Juifs avant de donner des listes de déportés et des listes de morts. Et de donner, au bout du cauchemar, les murs de Yad Vashem."

Je vous invite à lire également les nombreux témoignages et réactions à "Être français d'origine arabe en 2009."


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Carnets de voyage: Solitude au Far-West

Je me suis inscrit depuis peu à un groupe sur Facebook: "La vie à l'étranger qu'on ne trouve pas sur Facebook", une idée brillante de l'auteur qui rappelle que "sur Facebook, toutes nos photos et nos échanges sont en grande partie hyper positives (...) mais il n'y a pas la photo de quand j'ai mangé pendant une semaine des spaghettis assaisonnés à l'huile d'olive avec du sel et du poivre parce que j'étais dans la dèche !"


L'objectif est simple: "que dans ce groupe nous fassions part de nos expériences moins glorieuses pour parer à certaines désillusions. Ça peut être triste, ça peut être drôle, l'essentiel est que cela soit surtout simple et vrai !"

Les nomades vivent constamment ces moments moins glorieux. "Immigré" en Saskatchewan pour quelques mois et installé dans un quartier tranquille, je traverse actuellement un de ces moments moins drôles de "la vie à l'étranger" : la solitude! À l'heure de la pause-café chez Tim Hortons aujourd'hui, j'en ai parlé avec une collègue. Appelons-la Ludivine.

sk99g26 Regina, Saskatchewan, Downtown 1999Image by CanadaGood via Flickr

« Alors, tu aimes bien ton séjour » me demande t’elle. Elle est vraiment drôle, Ludivine. Depuis le premier café que nous avons pris ensemble à mon arrivée il y a trois semaines elle a évité mon regard chaque fois que je passais devant son bureau pour « l’inviter » des yeux ou poliment décliné mon invitation quand je me suis posé discrètement devant sa porte. Les quelques autres collègues se sont montrés peu enclins à s’ouvrir, saluant à peine d’un geste de la main le matin ou d’un grognement en fin de journée. Pourtant j'avais confié à Ludivine que je n’avais pas de connaissances à Regina et que j’aurais aimé rencontrer des « gens d’ici. »

« - Oh, à part le fait que personne ne veut me parler, je vais bien.
- comment ça?
- pas de contact visuel avec des inconnus, après le travail chacun rentre chez soi et vaque à ses occupations, le restaurateur chez qui je vais tous les jours trouve bizarre que je veuille connaître son nom, mes voisins sont soit invisibles, soit introvertis…
- Oui, ici on n’établit pas beaucoup de contacts avec des gens qu’on ne connaît pas.
- Mais alors, comment apprendre à les connaître? » Ludivine me sourit. « Seules deux personnes m’ont vraiment adressé la parole en deux semaines: un africain, parce qu’il a reconnu le logo de son entreprise sur un sac promotionnel que j’utilise et un avocat anglophone qui a vécu à Montréal, parce qu’il a reconnu mon accent et qu’il veut pratiquer son français! »

C’est déjà un début, deux personnes en trois semaines. Il faut reconnaître que tout le monde n’est pas extraverti. De plus, ce n’est pas juste dans l’ouest ou dans les plus petites villes qu’on ne parle pas aux inconnus, c’est partout. Mais je dois admettre que plus je m’enfonce dans les Prairies et plus le phénomène se généralise. Il en est sans doute de même dans les provinces atlantiques, maritimes, pacifique, au Nord ou au fond de l’Ontario et du Québec. Au Québec au moins, j’aurais eu la langue en commun avec mes interlocuteurs, et la langue est un vecteur majeur d’intégration, un outil contre la solitude.

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Carnets de voyage: Rêves d'acier dans la ville reine

En rentrant hier soir de mon cours je suis passé faire quelques achats. L’épicier du coin est ouvert jusqu’au bout de la nuit, une aubaine pour les couche-tard de mon genre. En ressortant dans la nuit glacée, j’ai croisé une jeune femme qui se dirigeait d’un pas leste comme tous les gens d’ici, vers une voiture garée derrière la mienne. Incapable de distinguer son automobile, j’ai deviné en souriant qu’elle conduisait la coccinelle peinte de jolis tournesols que j’avais remarquée en arrivant. La jeune femme s’est plutôt dirigée vers la voiture d’à coté et je suis reste interloqué en la voyant s’engouffrer dans un bolide. Je me suis dépêché de déposer mes achats sur la banquette arrière de ma petite Dodge SX 2 et pendant qu’elle baissait la vitre en verrouillant les portières, je me suis empressé vers elle pour lui demander quel modèle elle conduisait.
« C’est une Cayman S.
- Wow ! Et vous connaissez la différence avec les Boxter ou les Carrera? Vous en avez essayé une? » Je voulais avoir l’air d’un connaisseur, mais je ne m’intéresse pas aux voitures de luxe à vrai dire. J’avais juste entendu parler de la Panamera la veille, et j’étais allé faire un tour sur internet.
« Non, c’est l’auto à mon mari, alors je ne m’y connais pas beaucoup…
- Elle est vraiment belle en tout cas.
- Je lui dirai, merci à vous.
- De rien ! Et parlez-lui de la Panamera aussi… »
Je l’ai regardé s’éloigner en retournant vers ma berline. Cette Porsche de plus de 70.000$ m’a fait rêver tout d’un coup. J'avais observé jusqu'ici que les propriétaires de tels vehicules avaient toujours plus de cinquante ans et je n'avais jamais compté une femme dans la catégorie. Ah si j’étais millionnaire…


Question: combien faut-il gagner pour s'offrir un bolide entre 70.000$ et 150.000$ de ce genre?



Carnets de voyage: Immigrants à Régina

C'est un petit coin de pays tranquille. Statistique Canada considère Regina comme une région métropolitaine de recensement (RMR), c'est à dire qu'elle est formée d'une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d'une grande région urbaine. Une RMR doit avoir une population d'au moins 100 000 habitants et le noyau urbain doit compter au moins 50 000 habitants.

Regina est une très petite ville, où on circule facilement. Comme dans la plupart des villes américaines, l'urbanisation a été planifiée et les espaces sont bien quadrillés. Certaines avenues portent des numéros, 4ème, 5ème, 6ème, 12ème, 13ème, comme à New York. D'autres -c'est amusant- portent des noms de la province et de villes canadiennes: Saskatchewan Drive, Quebec St., Montreal St., Toronto St., Ottawa St., St John et Halifax St.

C'est une petite ville qui "fait" petite ville. Les cafés et les restaurants ferment tôt, on se salue encore dans la rue, on s'offre facilement des cigarettes. Deux fois déjà des étrangers m'ont offert de me déposer en voiture alors qu'il pleuvait et que je n'avais pas de parapluie ou que je ne savais pas comment me rendre chez moi un soir après un tour à l'hôpital. Ceux qui s'y établissent viennent pour le calme: c'est une ville qu'ils préfèrent à des métropoles plus bruyantes et plus densément peuplées pour des raisons aussi simples que commencer une famille. Les étudiants étrangers trouvent Régina moins coûteuse et une fois établis, n'ont plus envie de partir. La population, bien que distante de prime abord, s'avère vite très amicale et attachante. Rien à voir avec les expériences de Kyriaki et d'Elias, immigrants de Grèce ou d'Awelana qui est arrivée du Ghana dans la ville de Toronto.

Par contre, je sens chez les immigrants que je rencontre ici, qu'ils soient de Grèce, du Ghana, ou du Congo et du Burundi, un grand sens du sacrifice. "On est ici pour le bien des enfants." Auraient-ils aimé être ailleurs s'il n'en tenait qu'à eux et à leur bonheur? Vivre dans la paisible ville-reine pour assurer un bel avenir à ses enfants, voilà le pari. Mais pour les nomades de mon genre, ce petit coin de pays se fait un peu trop tranquille... (à suivre)