Travailler (enfin) aux Nations-Unies

Conseil de sécurité de l'ONU Source: ivoire.telediaspora.net
Depuis plusieurs mois, je rencontre des professionnels en développement international. Ils sont spécialisés en gestion de projet, en conception de programmes, en mise en oeuvre, ou dans des secteurs tels que l'eau et l'assainissement, le genre, la gouvernance, les droits de l'enfant, et j'en passe. Ils écrivent des demandes de subvention, font de la levée de fonds, de la communication ou développent des activités de plaidoyer.

Plusieurs de ces personnes proviennent de diasporas africaines, européennes ou latino-américaine. Et plusieurs rêvent de travailler aux Nations-Unies. Parfois, au fil de nos échanges, j'apprends que l'agence  importe peu. Pour la plupart, il s'agit d'un poste dans les quartiers généraux à New York ou Genève, pas tant de ceux de Vienne ou de Naïrobi. Travailler pour l'ONU est vu comme avoir la possibilité de contribuer au bien être de l'humanité et donc, d'une certaine façon, au bien être dans le pays qu'on a quitté.

Pourtant, plusieurs des anciens employés de l'organisation que je rencontre me parlent de l'environnement peu dynamique et hyper-politisé des agences où ils ont travaillé, comme en témoigne cet article du Jerusalem Post (en anglais.)

À l'heure où le renouvellement de la force de travail est devenu l'une des priorités centrales de la fonction publique canadienne, l'ONU semble avoir également reconnu l'importance de la question. De quelle façon cette organisation pan-nationale peut-elle se renouveler pour continuer de faire rêver et d'attirer les plus compétents?

Jeunesse, conscience et action

Contribution spéciale de Sarah Jourson

Sarah, dont les origines plongent en Afrique de l'ouest, en Europe et dans les Caraïbes est étudiante dans la région de la capitale nationale du Canada où elle est installée depuis quelques années. Récemment, elle a rejoint les rangs du Groupe communautaire d'Oxfam Canada nouvellement formé à Ottawa (Ontario). Par l'organisation d'évènements de sensibilisation, de levée de fonds et d'éducation ou par le réseautage, ce groupe s'est donné comme but de faire avancer la vision d'Oxfam Canada d'un monde juste et sans pauvreté. Frappé par la candeur de sa réaction au sortir de la première rencontre, je lui ai proposé de partager ses impressions.  

"Avant le 20 Février, je n’avais encore jamais pris conscience de ce que c’est que de penser aux autres. Tout était, je dirais, principalement centré sur moi, ma propre personne et rien d’autre, c’est ainsi qu’allait ma vie. Il a fallu que j’assiste à une réunion du groupe communautaire d’Oxfam Canada à laquelle m’avait invité un ami pour commencer à voir les choses différemment.    
  
Nous nous sommes présenté chacun à son tour autour. La présentation d’une des participantes  m’a vraiment ouvert les yeux et a contribué à changer ma façon de voir les choses. Elle parlait de la chance que nous avons d’être en Amérique du Nord où tout est à notre portée. Elle se sentait reconnaissante d’être ici mais elle insistait sur l’autre côté de cette vision : au-delà de cette prise de conscience nous avons aussi la responsabilité d’aider les plus démunis car leurs vies ne valent pas moins que la nôtre.

 Ici, au Canada, les femmes ont plus de chance de  s’accomplir, se créer un avenir mais également d’être « maitresses de leurs destins ». J’ai  la chance d’y vivre et d’être libre de mes choix.  Pour d’autres femmes à travers le monde, elles n’auront pas cette même chance malheureusement de faire leurs propres choix ce qui m’a fait penser au film « Fleur du désert » que j’ai vu il y a quelques semaines. Fleur du désert est l’histoire d’une jeune femme, Waris Dirie, excisée car dans sa culture l’excision est un signe de respect permettant d’être vierge jusqu’au mariage pour son futur mari. Peu de temps après cet acte, à l’âge de 12 ans, la jeune femme fuit son village pour échapper à un mariage forcé laissant derrière elle sa mère, son frère et ses sœurs. En quittant son pays la Somalie, son origine… pour partir à Londres, elle était relativement plus libre mais elle avait perdu ses repères. Rien ni personne ne pourrait lui redonner ce qu’on lui avait enlevé dans le passé mais c’était ainsi,  hélas elle ne pouvait rien n’y changer.

Pour revenir au 20 Février 2013, c’est bien de penser à nous mais penser aussi aux autres c’est mieux. On ne peut pas changer le monde, mais on peut y apporter une contribution. Désormais, j’aimerais arrêter de ne voir que le bout de mon nez et arrêter d’être égoïste. Cette expérience, cette rencontre avec Oxfam Canada est comme un réveil sur le monde extérieur pour moi."

L’école élémentaire Sandy Hook, c'est un peu loin



D'après Corneille, chanteur canadien d'origine rwandaise qui a perdu une grande partie de sa famille lors du génocide de 1994, on a tendance à avoir une attitude passive quand la tragédie est loin.

"On regarde, 
On verse une larme sincère, on repart,
On compatit, on le pense sans y croire
On regrette, on répète nos histoires
Jusqu'à ce qu'il soit trop tard, on regarde."

Voici la liste officielle des victimes de la tuerie à l’école élémentaire Sandy Hook de Newtown au Connecticut le 14 décembre 2012, publiée par la police d’État du Connecticut et rendue publique en conférence de presse samedi. 

Pour eux, la fin du monde a bien eu lieu en décembre 2012. 

Je publie cette liste ici, pour qu'on se souvienne d'eux et qu'on pense aussi à "ceux à qui on ne pense jamais", les enfants de par le monde qui sont les victimes involontaires de conflits, de désastres et de folies. Je la publie pour que ce ne soit jamais "trop loin".

ENFANTS
Charlotte Bacon (fille), 6 ans
Daniel Barden (garçon), 7 ans
Olivia Engel (fille), 6 ans
Josephine Gay (fille), 7 ans
Ana M Marquez-Greene (fille), 6 ans
Dylan Hockley (garçon), 6 ans
Madeleine F Hsu (fille), 6 ans
Catherine V. Hubbard(fille), 6 ans
Chase Kowalski (garçon), 7 ans
Jesse Lewis (garçon), 6 ans
James Mattioli (garçon), 6 ans
Grace McDonnell (fille), 7 ans
Emilie Parker (fille), 6 ans
Jack Pinto (garçon), 6 ans
Noah Pozner(garçon), 6 ans
Caroline Previdi, (fille), 6 ans
Jessica Rekos (fille), 6 ans
Avielle Richman (fille), 6 ans
Benjamin Wheeler (garçon), 6 ans
Allison N. Wyatt (fille), 6 ans
ADULTES (toutes des femmes)
Rachel Davino, 29 ans
Dawn Hocksprung, 47 ans
Anne-Marie Murphy, 52 ans
Lauren Russeau, 30 ans
Mary Sherlach, 56 ans
Victoria Soto, 27 ans

Septième art

Si le cinéma est le septième art, quels sont les six premiers?

Entre 1818 et 1829, le philosophe Hegel distingue cinq arts, classés selon l'expressivité et la matérialité (du plus matériel et le moins expressif au moins matériel et le plus expressif):
- l'architecture
- la sculpture
- la peinture
- la musique
- la poésie.

Au XXème siècle s'ajoutent quatre autres arts pour donner ceci:

1- l'architecture
2- la sculpture
3- la peinture et le dessin (les arts visuels)
4- la musique
5- la littérature dont la poésie
6- les arts de la scène (théâtre, danse, mime et cirque)
7- le cinéma
8- les arts médiatiques (radiodiffusion, télévision, photographie)
9- la bande dessinée. 

Ricciotto Canudo, écrivain français d'origine italienne, transforme le système de Hegel en simple liste où les arts du temps (musique et poésie) font la synthèse avec les arts de l'espace (architecture, sculpture et peinture) et des arts corporels (arts de la scène). À la suite d'Apollinaire, de Gance, de Collette, de Meyerhold, de Maïakovski et des futurs surréalistes, il contribue à faire reconnaître au cinéma le statut d'art. 

Des poubelles de Monrovia à M.I.T.

Je viens de découvrir la vie de Kelvin Doe, un jeune inventeur sierra léonais de 15 ans. Kelvin récupère des objets dans les poubelles pour créer les piles, générateurs et autres appareils dont il a besoin pour générer l'électricité et fournir une station de radio à sa communauté. Son but: permettre à sa communauté de débattre d'idées les concernant et concernant leur pays. Kelvin a d'autres idées, bien entendu. Aidé par un étudiant au doctorat de la M.I.T., David Sengeh, Kelvin fait une tournée de trois semaines dans quelques universités de la côte Est des États-Unis d'Amérique.

Kelvin, que son entourage appelle DJ Focus, est fascinant de vision et d'ambition. kelvin rêve surtout d'aider sa famille. Son expérience rappelle comme il est important de promouvoir l'innovation dans les pays en développement et particulièrement en Afrique. Comme le dis David, son mentor, les solutions aux problèmes de leurs communautés et pour le développement doivent provenir de ces jeunes qui ont besoin de bâtir leur avenir, et non (uniquement) de l'aide des pays du Nord.