La Charte de Kouroukan Fouga

The Mali Empire at its height under Mansa Musa.Image via WikipediaCe billet se passe d'introduction. L'indigène du monde vous fait encore une fois de plus voyager vers son continent natal. Je vous invite ici à "faire ample connaissance avec ce que l’on peut, à juste titre, qualifier de l’un des pans les plus importants de l’histoire, combien riche, de l’actuelle République du Mali et présenté aussi comme la première « Constitution » connue en Afrique voire au monde." Notez la place des femmes (art. 14 à 16), les articles sur le délai de prescription (art. 17 et 32) et sur le vol (art. 36).

Un peu comme en Islam le Coran s'accompagne des Hadiths, descriptions des pratiques religieuses du prophète Muhammad (pssl), la Charte de Kouroukan Fouga est accompagnée des conseils pratiques d'un roi à son fils.

Une note d'humour: l'article 20 me fait réaliser pourquoi mes employeurs m'accordent de me reposer les soirs et les fins de semaine...

LA CHARTE DE KOUROUKAN FOUGA

Les Représentants du Mandé primitif et leurs alliés réunis en 1236 à Kouroukan Fouga (Actuel cercle de Kangaba) après l’historique bataille de Kirina ont adopté la charte suivante pour régir la vie du grand ensemble Mandingue.

Le Roi Naré Maghan Soundiata était entouré pour la circonstance à la tribune par 4 Chefs de Tribus dont :

1 Siby Kamandjan Camara : le Roi des Camara non forgerons.

2 Fran Camara dit Tabon N’Yana Fran Camara chef des Rois Forgerons

3 Fokoly Koroma

4 Faouly Tounkara, Petit frère de Nema Moussa Tounkara.

I. DE L’ORGANISATION SOCIALE

Article 1er : La Société du grand Mandé est divisée en seize (16) porteurs de carquois, cinq (5) classes de marabouts, quatre (4) classes de Nyamakalas (1) une classe de serfs (esclaves) (Mofé molu)

Chacun de ces groupes a une activité et un rôle spécifiques

Article 2 : Les Nyamakalas se doivent de dire la vérité aux chefs, d’être leurs conseillers et de défendre par le verbe les règles établies et l’ordre sur l’ensemble du royaume.

Article 3 : Les Morikandas lolu (les cinq classes de marabouts) sont nos maîtres et nos éducateurs en islam. Tout le monde leur doit respect et considération.

Article 4 : La société est divisée en classe d’âge. A la tête de chacune d’elles est élu un chef. Font de la classe d’âge les personnes (Hommes ou Femmes) nées au cours d’une période de trois années consécutives.

Les Kangbès (Classe internationale entre les jeunes et les vieux) doivent être conviés pour participer à la prise des grandes décisions concernant la société.

Article 5 : Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique. En conséquence, tout tentation d’enlever la vie à son prochain est punie de la peine de mort.

Article 6 : Pour gagner la bataille de la prospérité, il est institué le Kongbèn Wölö (un mode de surveillance) pour lutter contre la paresse et l’oisiveté.

Article 7 : Il est institué entre les Mandenkas, le Sanankuya (cousinage à plaisanterie) et le tanamanyoya (forme de totémisme.) En conséquence, aucun différent né entre ces groupes ne doit dégénérer, le respect de l’autre étant la règle.

Entre beaux-frères et belles-sœurs, entre grands parents et petits, tolérance et non chahut doivt être le principe.

Article 8 : La Famille est désignée famille régnante sur l’empire

Article 9 : L’éducation des enfants incombe à l’ensemble de la société.

La puissance paternelle appartient en conséquence à tous.

Article 10 : Adressons-nous mutuellement les condoléances.

Article 11 : Quand votre femme ou votre enfant fuit, ne le poursuivez pas chez le voisin.

Article 12 : La succession étant patrilinéaire, ne donnez jamais le pouvoir à un fils quand son père vit. Ne donnez jamais le pouvoir à un mineur parce qu’il possède des liens.

Article 13 : N’offensez jamais les Nyaras.

Article 14 : N’offensez jamais les femmes, nos mères

Article 15 : N’offensez jamais la main sur une femme mariée avant d’avoir fait intervenir sans succès son mari.

Article 16 : Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes doivent être associées à tous nos gouvernements.

Article 17 : Les mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme des vérités.

Article 18 : Respectons le droit d’aînesse.

Article 19 : Tout homme a deux beaux-parents : les parents de la fille que l’on n’a pas eu et la parole q’on a prononcée sans contrainte aucune.

On leur doit respect et considération.

Article 20 : Ne maltraitez pas les esclaves, accordez leur un jour de repos par semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des heures raisonnables. On est maître de l’esclave et non du sac qu’il porte.

Article 21 : Ne poursuivez pas de vos assiduités les épouses du chef, du voisin, du marabout, du féticheur, de l’ami et de l’associé.

Article 22 : La vanité est le signe de la faiblesse et l’humilité le signe de la grandeur.

Article 23 : Ne vous trahissez jamais entre vous. Respectez la parole d’honneur.

Article 24 : Ne faites jamais du tort aux étrangers.

Article 25 : Le Chargé de mission ne risque rien au Mandé.

Article 26 : Le taureau confié ne doit pas diriger le parc.

Article 27 : La jeune fille peut être donnée en mariage dès qu’elle est pubère sans détermination d’âge. Le choix de ses parents doit être suivi quelque soit le nombre des candidats.

Article 28 : Le jeune homme peut se marier à partir de 20 ans.

Article 29 : La dote est fixée à 3 bovins : un pour la fille, deux pour son père et sa mère.

Article 30 : Venons en aide à ceux qui en ont besoin.

II. DES BIENS

Article 31 : Il y a cinq façons d’acquérir la propriété : l’achat, la donation, l’échange, le travail et la succession. Tout autre forme sans témoignage probant est équivoque.

Article 32 : Tout objet trouvé sans propriété connu ne devient propriété commune qu’au bout de 4 ans

Article 33 : La quatrième mise bas d’une génisse confiée est la propriété du gardien.

Article 34 : Un bovin doit être échangé contre quatre moutons ou quatre chèvres.

Article 35 : Un œuf sur quatre est la propriété du gardien de la poule pondeuse.

Article 36 : Assouvir sa faim n’est pas de vol si on n’emporte rien dans son sac ou sa poche.

III. DE LA PRESERVATION DE LA NATURE

Article 37 : Fakombé est désigné Chef des chasseurs. Il est chargé de préserver la brousse et ses habitants pour le bonheur de tous.

Article 38 : Avant de mettre le feu à la brousse ne regardez pas à terre, levez la tête en direction de la cime des arbres.

Article 39 : Les Animaux domestiques doivent être attachés au moment des cultures libérées après les récoltes. Le chien, le chat, le canard et la volaille ne sont pas soumis à cette mesure.


IV. DISPOSITIONS FINALES

Article 40 : Respectez la parenté, le mariage et le voisinage.

Article 41 : Tuez votre ennemi, ne l’humiliez pas.

Article 42 : Dans les grandes assemblées, contentez vous de vos légitimes représentants et tolérez –vous les uns les autres.

Article 43 : Balla Fassèkè Kouyaté est désigné grand Chef des cérémonies et médiateur principal du Mandé. Il est autorisé à faire la plaisanterie avec toutes les tribus en priorité avec la famille royale.

Article 44 : Tous ceux qui enfreindront à ces règles et l’application stricte de ces articles...(...)

CONSEIL DE SOGOLON À SON FILS SOUNDIATA KEÏTA A

LA VEILLE DE LEUR DEPART POUR L’EXIL

Comme les princes de Dô, tu dois porter sur la tête quatre (4) tresses symboliques.

  • La première signifie : aime ta femme, mais jamais ne lui confie les secrets d’Etat.

Méfies-toi des femmes, Fils, parce que derrière l’ascension de chaque grand homme, il y a l’amour aveugle d’une femme et dernière la chute de chaque grand homme il y a la haine terrible d’une femme.

  • La deuxième signifie : Un Roi n’a pas d’amis, la seule raison guidant un roi est la raison l’Etat.

  • La troisième signifie : Le Fils d’un autre n’est jamais ton fils, la terre d’un autre n’est jamais ta terre.

  • Le quatrième signifie : Un Royaume ne peut pas marcher sans la coopération des vieux. Les jeunes donnent au Royaume le pouvoir de leurs muscles, les vieux, le fruit de leur expérience. Ils se complètent les uns et les autres.
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"Emily Pilloton à Bertie County" ou une autre façon de lutter contre la pauvreté


On parle souvent de la fuite des cerveaux qui mine l'Afrique et on célèbre la présence de jeunes désireux de faire évoluer les choses. Il y a ceux qui partent, mais il y a aussi ceux qui restent. Et il y a aussi ceux qui reviennent.

D'autre part, on oublie souvent que la pauvreté s'étend partout dans le monde et que les pays les plus riches sont aussi frappés que les pays du sud. Ici, il s'agit d'un comté des États-Unis, Bertie County, où la population diminue lentement et où l'éducation des jeunes entre autres, devient un sérieux problème. Un couple formé d'un architecte et d'une designer ont décidé d'y emménager et de changer les choses en utilisant ce qu'ils connaissent, le design et l'architecture pour influencer l'éducation des jeunes du comté et faire du développement communautaire.

Je vous présente ici une présentation d'une quinzaine de minutes d'Emily Pilloton sur TED.COM dont je parlais dans le billet précédent, et une idée qui peut être reprise et adaptée assez facilement sur le continent africain. Emily parle d'une histoire de développement à petite échelle qui peut être facilement dupliquée. Bien sûr, il faut tenir compte de l'environnement et des barrières structurelles inhérentes à nos pays, mais rien n'empêche de commencer à penser le développement autrement.

Du web et des amis

Pour l'être hyper social que je suis, l'une des choses les plus agréables qu'offrent la technologie et les médias sociaux, c'est justement les connections qu'ils permettent. Prendre des nouvelles de ceux qu'on aime et qui sont loin, en apprendre plus sur ce qui se passe dans leurs vies et dans le monde et... se faire de nouveaux amis. J'en ai rencontré quelques uns comme cela, par le biais d'un site ou d'un blog. En contact avec mon amie de longue date, l'auteure Ndack Kane par exemple, j'ai fait la rencontre de Khady Beye, rencontre impressionnante qui m'a permis de découvrir que la jeunesse de la diaspora africaine est très active au Canada et dans le monde et qui a renforcé mon afritude en décrépitude. Francophone, c'est avec grand plaisir que je redécouvre le dynamisme de cette jeunesse à Montréal et au Québec. J'ai ainsi rencontré l'artiste Doro Saiz et l'auteur Ryad Assani-Razaki originaires du Bénin comme moi et dont je trouve le travail simplement impressionnant. Je vous invite à voir les époustouflantes photos de "Dr D and Mr S" et à lire les délicieuses nouvelles de Ryad.

J'aime également beaucoup l'échange d'idées et la créativité que permet Internet. Je viens de lire l'entrevue de la montréalaise Khady réalisée par Mohamed Diaby qui comme moi semble être passionné par les échanges et les (nouvelles) amitiés que facilitent les médias sociaux et qui -je crois comprendre- vit en Côte d'Ivoire. Ils sont maintenant amis et peut-être que Mohamed sera un nouvel ami du pays pour le déraciné que je suis? Quoi qu'il en soit, Khady parle de cette entrevue sur son blog à elle d'une façon très touchante.

Enfin, Par le biais de Mohamed, j'ai également découvert que Ted organisait pour la première fois une conférence en Côte d'ivoire. Tous les internautes amateurs d'idées novatrices connaissent sans doute le site de Ted et les centaines de discours qu'il a en banque. Sinon, volez-y illico!

Plusieurs liens en somme, dans ce billet, plusieurs choses à lire mais "que du bonheur" pour tous les duraliens, indigènes du monde et nomades globaux, francophones et/ou africophiles qui utilisent le web pour socialiser!

Chaleureuses pensées,

Toun

Football for hope

Regions of Africa: Northern Africa Western Afr...Image via Wikipedia

Je viens de découvrir un projet intéressant: Twent Ten, qui a pour but de renforcer la capacité des journalistes et des médias africains à générer des productions reliées au football africain. "Twenty Ten aims to give African journalists a voice, both in Africa and worldwide, by offering them an opportunity to express their own views of African reality, as opposed to depending on foreign news organizations to report African news."

"Football for hope" de Jean-Pierre Kepseu a attiré mon attention et m'a fait pensé à l'impact du ballon rond comme facteur de rassemblement des populations en Afrique.
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Du rythme

“Life doesn’t’ stand still, it’s constantly moving. It has rhythm.
The word for rhythm (used by the Malinke tribes) in Malinke is FOLI.
It is a word that encompasses so much more than drumming and dancing.
It’s found in every part of daily life.
In this film you not only hear and feel rhythm but you see it.
It’s an extraordinary blend of image and sound that
feeds the senses and reminds us all
how essential it is.”



(re-blog de Carmen: All Eyes On...)