De l'intégration et de l'éducation au Manitoba

L'Amicale de la francophonie multiculturelle du Manitoba a organisé un séminaire samedi dernier à la salle académique du Collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB) autour du thème: "l'intégration des enfants des nouveaux-arrivants dans le système éducatif manitobain". Ce séminaire a emmené la trentaine de participants, membres de la communauté, nouveaux canadiens et canadiens "de souche" à discuter des questions d'éducation dans la mesure où elles sont liées aux difficultés d'intégration que rencontrent les immigrants au Manitoba. Enseignants, parents, professionnels des secteurs public, privé et à but non lucratif et immigrants ayant entre une semaine et 26 ans d'ancienneté au Manitoba ont participé aux débats.

L'évènement s'est déroulé en deux phases. Durant la première phase animée par Bintou Sakho, gestionnaire de l'Accueil francophone, les participants ont suivi une présentation sur les difficultés d'intégration telles qu'elles sont vécues par les clients de cet organisme. Ils ont ensuite discuté en plénière et en groupe autour de quelques questions telles que:

- la prise de conscience concernant la question de l'intégration des enfants des nouveaux-arrivants dans les écoles manitobaines;
- les démarches qu'ils ont entreprises pour faire face à la nouvelle réalité;
- les attentes et les recommandations pour faciliter l'intégration des enfants des nouveaux-arrivants dans le système scolaire.

De nombreuses recommandations dont la plupart étaient très pertinentes, ont été présentées. Les mesures prises par les nouveaux canadiens pour assurer une intégration en douceur pour leurs enfants sont également remarquables. On peut noter par exemple la création d'une école d'été par des parents et des enseignants d'origine congolaise.

Ce séminaire a donc été un franc succès pour l'Amicale. Il vient s'ajouter à la longue liste d'évènements organisés en collaboration avec l'Accueil francophone et souligne la complémentarité des deux organismes: tandis que l'Amicale joue un rôle de promotion et de défenseur des droits de la communauté immigrante francophone et cherche à assurer la représentativité des nouveaux arrivants au sein de la communauté pour assurer leur épanouissement politique, économique et socioculturel, l'Accueil a pour mission de fournir des services d'accueil et d'intégration à cette communauté.

L'Accueil francophone est une initiative mise sur pied dans le but de faciliter l’établissement des nouveaux arrivants francophones au Manitoba. Entre sa création en 2003 et aujourd'hui son effectif est passé de une à douze personnes, ce qui reflète la croissance des besoins en matière d'intégration. l'Accueil francophone est sous la tutelle de la Société franco-manitobaine dont le président, Ibrahima Diallo, d'origine sénégalaise, est arrivé au Manitoba en 1985 et lit encore Jeune Afrique!

Ode nouvelle


C'était il y a deux jours, un vendredi de novembre. Il faisait froid dehors, un temps gris; c'était un jour d'hiver comme un autre, nuageux, neigeux, fade. J'ai passé la journée à travailler à l'intérieur, sous les néons, aussi vite que j'ai pu pour ne pas penser au temps qui passe. Au temps qui passe.

À ma pause, une tasse de café en main, je me suis détendu et j'ai souri en lisant les messages-textes que j'avais reçus et en prenant les quelques appels des êtres chers qui soulignaient le temps qui passe. Le temps qui passe.

Le soir, après quelques courses en famille et un souper léger, j'ai retrouvé une dizaine d'amis pour une soirée de bowling. Nous avons mangé, bu et ri et nous avons célébré cette journée de novembre. À notre façon, tous ensemble, nous soulignions le temps qui passe. Le temps qui passe.

C'était il y a deux jours, un jour comme un autre. J'entamais un nouveau chapitre du roman-feuilleton de ma vie, une ode nouvelle à la vie, à l'amitié, à l'amour, une ode nouvelle au temps qui passe...

État d'urgence: réfugiés urbains à Montréal

J'ai découvert hier le mani-festival "Etat d'urgence". Dans cette vidéo, un cinquantenaire dépendant des drogues et qui vit dans la rue nous parle de son "kit" de survie dans la rue. L'Indigène des terres d'ici et d'ailleurs ne peut s'empêcher de penser: "il a une brosse à dent? Il reçoit des chèques qu'il encaisse à la banque?" Ce n'est certainement pas le cas des réfugiés urbains des villes de l'hémisphère sud, Mexico, Lagos, Mumbai... En conclusion, à se regarder, on se désole; à se comparer, on se console.



"L'Afrique noire est-elle maudite ?", de Moussa Konaté

Je suis tombé sur cet article publié par Philippe Bernard dans Le Monde le 16 novembre dernier sur un de mes blogs favoris: "All Eyes On...". Carmen, l'auteur du blog, l'introduit ainsi: "Chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients, je parlais dernièrement de la famille qui soude le couple, Moussa Konaté remet en question dans son dernier ouvrage certains des méchanismes qui meuvent et caractérisent les sociétés sub-sahariennes."

Moussai Konatyé fait en effet un constat brutal et (j'ajoute) réaliste: "En Afrique, tout repose sur “un pacte entre l’individu et la société basé sur la soumission à la famille auquel tout est subordonné, même l’amour”, constate-t-il. Les conséquences en sont désastreuses. Derrière l’apparente convivialité, la soumission au groupe favorise le parasitisme, la corruption et la tyrannie, au détriment du travail."

Pour lui, "Le poids de la famille engendre une difficulté à s’isoler qui freine la lecture et l’étude, favorise la médiocrité intellectuelle. L’obligation de verser ses revenus, même maigres, dans le “tonneau sans fond de la solidarité” entrave l’épargne, l’initiative et donc le développement. Les frontières de caste perpétuent les privilèges."

Il propose comme alternative un renouveau humaniste: "Pour sortir de cette schizophrénie, les Africains doivent “reconnaître leurs torts”, à commencer par le rôle de certains de leurs chefs dans le commerce des esclaves. Sans se renier, ils doivent “réformer d’urgence leur modèle de société”. Libérer l’individu, interdire la polygamie et les mutilations sexuelles, instaurer l’école obligatoire et la transparence des revenus des dirigeants…"

Je vous invite à lire l'article sur le blog de Carmen ici ou sur le site du Monde ici. Ce livre est sur ma liste de cadeaux, alors si quelqu'un veut me l'offrir, n'hésitez pas.

Toun'n Toba: surpris


Durant les sept dernières années que j'ai passées à Winnipeg, j'ai progressivement appris à apprécier l'hiver. Je suis passé de la sloche des rues de Montréal (Québec) dans laquelle, étudiant, je barbotais avec dégoût aux pentes de ski d'Assessippi, à Riding Mountain (Manitoba) où j'ai passé plus de temps sur mes fesses que sur ma planche de snowboard. J'ai passé d'agréables après-midi à jouer au "spongee" (hockey sans patins) et à patiner sur la rivière Rouge de la Fourche à Saint-Boniface avec mes amis et mes collègues de bureau. J'ai passé de longues heures à m'éreinter en déneigeant l'entrée de mon domicile afin que le facteur ne glisse pas en approchant de ma porte. J'ai longuement commenté la température et la saison avec mes voisins fatigués.

Toutes ces activités m'ont emmenées à aimer l'hiver. Cette saison qui dure pratiquement la moitié de l'année de novembre à avril -les mois de printemps sont assez froids dans les prairies- peut avoir un effet devastateur sur le moral. Les journées sont de plus en plus courtes et le manque de lumière du soleil a un impact négatif sur l'humeur. Une belle activité à faire, la préférée de tous les canadiens qui peuvent se le permettre, est de "casser" l'hiver et de faire un voyage dans "le sud." Il's'agit de faire un tour dans l'hémisphère sud, et les manitobains n'échappent pas à cette règle. Les destinations préférées sont le Mexique et Cuba, quoique la Floride, Las Vegas et d'autres états américains ont également beaucoup de succès. Le voyage dure rarement plus d'une semaine car les manitobains, comme la plupart des autres canadiens, préfèrent passer Noël en famille. Ils partent donc le 25 ou le 26 décembre. Enfin, je trouve que l'hiver est la marque de commerce des provinces des prairies. Le froid, la neige, le verglas, sont tous particuliers de ce coin de pays. Je dirai même que si les canadiens vont au Mexique en hiver pour un peu châleur, c'est en hiver que les mexicains devraient visiter le Canada!

Cette année cependant, l'hiver m'a surpris. La neige est tombée jeudi dernier, trop vite, trop tôt. Je n'ai pas vu venir ces petits flocons blancs qui annoncent la nativité et les fêtes de fin d'année. Comme un bleu, un nouvel arrivant, je me suis laissé surprendre. C'est grincheux que j'enfile mes bottes et que j'enfourche mon manteau pour aller déneiger l'allée. Il a neigé toute la nuit et Brrr! Il fait froid, les chaussées sont glissantes et je n'ai pas encore installé mes pneus d'hiver!