American Envy: Obama au Canada

Ça y est, il est passé. On l’a vu ou juste entrevu. On lui a souri et on l’a poursuivi. Il n’est guère resté plus de six heures, mais ça a largement suffit. Son charme er son charisme ont provoqué l’ « American Envy » chez bon nombre d’habitants de la capitale nationale et auprès des personnes qui avaient fait le déplacement pour le voir. Certains se sont même surpris en train de rêver à rouler un jour dans une Cadillac appelée The Beast...

Dans sa grande largesse, Barack Obama a même « stimulé » l’économie canadienne, en achetant des cookies pour ses filles. En quelques heures, la boulangerie a écoulé tous ses cookies! On est passé des Nuun Bush (chaussures Bush) aux Cookies Obama. Quelle drôle de pensée: l’homme le plus puissant du monde a pris l’avion pour passer six heures chez ses voisins d’en haut (ceux qui habitent des igloos – ses filles lui poseront sans doute la question) et faire quelques achats pour ses filles. Son arrêt impromptu s’est fait au grand dam de sa garde rapprochée pour qui c’est encore un cauchemar de le protéger. Au fait, pourquoi est-ce qu’ils se font appeler les services « secrets » alors qu’ils sont aussi visibles?

Un des plus beaux moments de sa visite aura été sans doute sa rencontre avec Michaëlle Jean. Pour la première fois de l’histoire, le Canada et les USA sont « dirigés » par des noirs. Dirigés entre guillemets, car Jean n’a qu’un rôle représentatif, mais 2008 aura tout de même été une année marquante pour ces deux personnalités. Obama a été élu président des États-Unis et Jean a littéralement sauvé le gouvernement Harper à deux reprises. D’abord, en déclenchant des élections qu’il ne pouvait pas déclencher car il avait promis à tout le monde de ne pas le faire (il a fait voter une loi pour des élections régulières quand il était à l’opposition) Jean donnait aux Conservateurs la chance de prendre les rennes du pouvoir pour quelques années. Mais elle a dû fermer le Parlement pour quelques semaines lorsque le budget Harper, présentant de sérieuses lacunes, risquait de mettre ce dernier en échec face à une coalition de l’opposition. En un mot, Jean a eu un agenda politique chargé l’an dernier, et bien mérité sa rencontre entre chefs d'états avec Obama.

En passant, pour rire un peu, je vous invite à regarder ceci: http://www.youtube.com/watch?v=yFi9OWsI8eg. C’est amusant de voir à quel point les américains du « terroir » peuvent être conservateurs.

Michaelle Jean: http://rodonline.typepad.com/rodonline/2009/02/obama-and-michaelle-jean-canadas-first-black-governor-general.html

Hiver et autres saisons - Poème

Miroirs
Aimer et croire
Satyagraha
Apprendre pas à pas

Compassion
Fuir l’obsession
Ostentation
Partir d’ailleurs
De douleurs
Pour ouvrir des fleurs

Déboires
Faire la tournée des foires
Étalages
Parades et discrétions
Mariages
Orages et subversions

Lacs, soleil et soir
Ne plus vouloir
Espoir
Tranquillement regarder pleuvoir

J'ai joué sur les idées et le poème "Idées" de felyken, je n'ai pu me retenir... Pardon.

Quote

"By being armed but with no weapons great battles may be won"

- The Tao Te Ching

Raïmi à Radio-Canada

http://www.radio-canada.ca/regions/manitoba/tele/Chroniques/anicale_30883.shtml

Ce sont juste quelques images, mais le reportage de Radio-Canada sur ma vie en tant qu'immigrant m'a surpris car c'est étrange de se regarder.

Radio-Canada a fait un reportage sur l'évènement organisé par l'Amicale de la francophonie multiculturelle du Manitoba, l'association qui se veut la voix des nouveaux canadiens francophones. Le Forum intitulé "Vers une communauté francophone ouverte et inclusive: les communautés ethnoculturelles et le fait francophone au Manitoba" a porté sur les défis de l'intégration et les solutions possibles par le biais de l'école, de la communauté et de ses organismes.

Philippe Dion m'a fait parler de ma vie au Québec, du Bénin et du Manitoba, plus que de l'Afrique, de l'Amérique Latine et du Canada. En terme d'emploi, il a donné un angle particulier au reportage, un angle que je voulais éviter: présenter Statistique Canada comme l'ultime emploi et l'atteinte d'un objectif pour moi. Si mon emploi à StatCan représente un objectif, c'est surtout une étape dans un cheminement particulier et si j'ai dit être heureux d'être au service de mon pays, je voulais dire mon pays d'adoption, car j'ai deux pays. C'est au service de la communauté humaine que je suis heureux de me mettre et ce, quel que soit ce que je fasse.

Il est important de savoir que j'ai quasiment "demandé" de faire ce reportage. Car si nombre de nouveaux canadiens se sont plaint de ne pas être écoutés, je me suis rendu compte que c'est parce qu'ils ne prennent pas la parole. Au Canada, la communication est un acte pro-actif. Nous sommes libres de communiquer et c'est au citoyen de prendre les devants pour s'exprimer. Comme dirait l'Économiste: "il faut continuer à (parler de ce problème) jusqu'à ce que cela bouge vraiment, même si ça bouge lentement."

Une anecdote sur laquelle Philippe Dion a mis l'accent est celle de mon changement de prénom. J'ai arrêté d'utiliser "Babatoundé" ou "Toundé" comme prénom usuel et j'ai adopté "Raïmi" pour plus d'une raison et ce reportage présente l'ultime motif, la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. D'abord, je commençais à fatiguer de toujours devoir expliquer les origines de mon nom. Ensuite, la charge de mort qu'il porte (il rappelle sans cesse le décès de mon grand-père) commençait à peser à mon goût pour la vie. Enfin, oui, j'avais des difficultés parce que les employeurs ne pouvaient pas le prononcer. Cette dernière raison n'est pas "valide", j'aurais dû résister. Mais j'avais besoin de "refaire" peau neuve et de changer mon identité d'un point de vue psychologique aussi. L'entrevue de Radio-Canada est donc a prendre avec un grain de sel.

De toutes façons, je reste "Toun" pour les amis et la famille!

Toun

B.O. by H.S.

Bon ça y est, il est élu. Et il a pris fonctions le 20 janvier à midi. Pis?

Ben, ça brasse en tabar$*#&! Guantanamo, gel des salaires de la haute administration, lutte pour garder son BlackBerry, téléphones aux gouvernements des pays de l'OCDE, le gars va vite en besogne. Un peu perdu dans sa nouvelle maison (where should I go in this "pretty big house?"), il n'en perd pas moins une minute de sa vie de famille et son emploi du temps est chargé.

Haroon Siddiqui pousse loin son analyse de l'élection de Barack Obama, mais c'est surtout la conclusion de son article, http://www.thestar.com/comment/columnists/article/528630, "Obama, by just being who he is, has put fellow Americans on an irreversible journey to national reconciliation" qui suscite la réflexion. Peut-on forcer un peuple à se réconcilier? L'immense pouvoir politique d'Hillary Clinton, par exemple, a mené Obama à lui confier un portefeuille très important, mais ses vues à elle sont parfois radicales. De quelle réconciliation parle t-on, si au sein même du cabinet, des forces centrifuges s'excercent constamment? Écoutera t-elle son chef en ce qui a trait aux décisions (plus ou moins) importantes quand elle n'en faisait qu'à sa tête lors de la présidence de son mari, et qu'elle lui a mené une lutte féroce lors des primaires? La politique a sans doute ses raisons, que la raison ne connaît point... et l'habileté d'Obama à écouter en plus attentivement ses opposants sera très utile dans ce processus.

Le commentaire de Saywhat (Uber-left!???? The Star...!?? Siddiqui...!???)est en contradiction avec bien d'autre et soulève la question de la mâturité de certains bloggers (Eggie: The guy isn't even elected and he is already being put). Sans doute des fidèles lecteurs des chroniques de Siddiqui, mais quand-même...

Pour plus de lecture, voir: http://www.thestar.com/comment/columnists/94618