Dernier billet: comment faire face au racisme et s'intégrer malgré l'exclusion

Il y a quelques semaines, j'ai participé à l'émission de radio Labrosse-Wellington, diffusée en balado-diffusion sur Radio-Canada. J'y répondais à des questions au sujet du racisme tel qu'il est vécu par les nouveaux canadiens, en milieu universitaire et en milieu professionnel.

Le journaliste cherchait à mettre en lumière les stratégies utilisées et recommandées dans ce contexte, en réponse à l'expérience d'un ami et collègue qui a souffert de racisme et d'exclusion à l'université. Dans cette émission je propose une approche dont j'ai testé l'efficacité à travers mes pérégrinations.

Ce billet est aussi le dernier de ce blog. La fin de l'année 2016 est l'occasion de tourner la page.

Indigène du monde a maintenant dix ans. J'y ai abordé des sujets qui me tiennent à coeur, des voyages à l'immigration, de mes estivages à la politique, et aux lectures intéressantes. À travers 226 billets et une centaine de commentaires rejoignant au moins une soixantaine de lecteurs abonnés et tant d'autres, j'ai apprécié partager mes histoires et mes réflexions avec vous. L'accent d'Indigène du monde a toujours été mis sur la migration, un phénomène vieux comme le monde. J'espère que vous apprécierez d'y revenir de temps en temps.

Bonne (re)lecture et bonne année 2017!

Micro-industrie et prospérité en Afrique

Photo: r. osseni
Préparé le 25 octobre 2015

Jean-Paul Pougala est un écrivain camerounais que j'ai découvert il y a quelques années. Je trouve ses analyses souvent juste et son ton parfois... cinglant. Il me fait penser à Noam Chomsky et soulève des questions qui, à mon avis, méritent d'être posées à tout Africain et ... pro-Afrique.

Certains passages de son essai "Micro-industrie et prospérité en Afrique" que je viens de relire, m'ont interpelé. Je vous invite à le lire également et à partager vos commentaires.



De l'emploi et de la société

Préparé le 26 juillet 2012

Photo: r. osseni
Se retrouver sans emploi et à la recherche du prochain défi est une étape marquante dans la vie de n'importe qui. Cette situation devient d'autant plus marquante que certains éléments viennent l'accentuer: vivre en Occident / en Amérique du nord où le rythme de vie est soutenu et où "on est ce qu'on fait", être entouré de professionnels actifs et d'entrepreneurs à succès etc.

L'une des premières questions justement qu'on pause en rencontrant l'autre est la question de l'emploi. Par là se dessine le statut social, largement lié au revenu: un chauffeur d'autobus est perçu différemment d'un avocat, une gynécologue, d'une infirmière et un agent des douanes se distingue d'un sous-ministre adjoint de la fonction publique fédérale.

Ceci dit, c'en aussi en Amérique du nord que j'ai remarqué que les professions les moins appréciées des intellectuels, les professions manuelles, pouvaient être très bien rémunérées. J'ai vu des éboueurs rouler en Harley Davidson dernier cri et habiter de beaux condominiums, des électriciens se pavaner fièrement sur des plages d'Amérique latine où ils étaient en vacances avec leurs familles. J'ai appris qu'au fond, tout le monde s'il s'y met, peut très bien gagner sa vie. Et ce sont -entre autres- ces possibilités, ce "rêve américain" qui attire autant de nouveaux arrivants vers le Canada, même s'il ne faut pas négliger le besoin de sécurité ou la recherche d'un environnement où il est possible d'être politiquement actif sans craindre pour soi.

Être sans emploi en Occident devient vite une tare sociale et même si l'entourage ne nous met pas la pression, la société est telle qu'on se la met vite soi-même et qu'il faut ensuite avoir des nerfs d'acier pour résister. Une expérience... édifiante, en somme!


Adieu mon pays

Cette chanson d'Enrico Macias m'a rendu nostalgique et j'ai eu du mal à trouver une photo ou une image qui représente mon pays natal, tel qu'il est dans mes souvenirs. À la place, j'ai choisi cette photo prise il y a quelques années au cours d'une de mes nombreuses "haltes". Car après tout, voyageurs en transit, nous ne faisons que passer par les endroits que nous habitons.

  
"Adieu mon pays" photo: r. osseni

Is Canadian multiculturalism a real success story

Source: http://esl-multicultural-stuff-page4.blogspot.ca/
I came across this infographic created by Olson about multiculturalism in Canada. The article talks about the fact that "the trend toward a growing religious, ethnic, racial, and linguistic diversity means that there are sizable visible minorities in Canada" and for the author, "immigrants and minorities are a source of experience and knowledge. Cultural interaction increases tolerance."
It is not always the case, however, and research shows, for example, that there is still a lot of discrimination against immigrant on the job market, in Quebec, with close to half of immigrant women (46%) earning 90% of their native counterpart and 60% of the salary of native quebecer men. 

Histoire de migration

Illegal immigrant crossing sign - "the American Mirror"
Cette histoire de migration, histoire de frontière traversée, est très touchante. Sans doute parce qu'elle est racontée comme elle a été vécue. Ce n'est qu'une histoire, comme l'auteur le souligne en conclusion, l'histoire d'une personne parmi les milliers qui ont tenté d'entrer aux USA et qui ont été appréhendé.

Cette histoire ne dit pas combien arrivent à traverser ni combien abandonnent, ou perdent la vie dans ce qui s'avère être une tentative désespérée. Ils fuient la pauvreté, bien sûr, mais aussi ses petites soeurs, la violence et la persécution.

La migration, moi je veux la savoir sous tous ses angles, parce que depuis des générations, elle est gravée dans mes gènes.




Poème en images


On voyage parfois en soi. Souvent même, je dirais.
Pérégrinations sans but, estivages sans bagage
Et les contrées qu'on arbore ont des couleurs et des parfums 
Que personne ne saura jamais. Jardins secrets...

Parfois, pourtant, on devine le tréfonds de l'âme d'un voisin. 
Humain à qui on tend la main
Ces couleurs pâles ou vives qu'on écrase du pinceau de nos pensées,
Traits nets ou flous de dessins incertains,
Sur la toile de nos silences,
Prennent alors l'air d'une vieille chanson
Qui nous a marqué
Et qu'on murmure aux oreilles de l'ami, de l'aimée.

Beatles in Technocolor - Beki Lantos

Over the Rainbow - Beki Lantos
Merci à Beki Lantos, artiste de la Région de la Capitale nationale, d'avoir partagé son oeuvre avec moi.  


Vie (vide) de Diaspora


Il y a exactement trois ans, j'ai entamé ce billet. Je viens de le terminer pour votre plus grand plaisir.


"Winnipeg, Octobre 2012

Il y a quelques années, j’ai invité une amie qui habite dans une de ces belles capitales d'Afrique de l'Ouest, à me rejoindre dans la vallée de la Rivière Rouge, où moi j’habitais. 


La rivière Rouge est une rivière d'Amérique du Nord qui marque la frontière des États du Minnesota et du Dakota du Nord. Elle a de particulier qu'elle se jette dans le lac Winnipeg situé dans la province du Manitoba, au Canada. Il ne faut pas la confondre avec la rivière Rouge du Québec.  

Mon amie m’a expliqué qu’elle voudrait bien venir me voir mais que cela coûtait encore plus cher d’acheter un billet de son pays vers le Canada que l’inverse. Voici ce que j’ai répondu :

Source: www.postcolonialstudiesassociation.co.uk
« C'est un mythe basé sur l'idée que cela prends plus de francs CFA (FCFA, la monnaie utilisée en Afrique de l'ouest) pour faire un dollar, et que comme on vit en dollars, c'est plus facile. Seulement, tu ne connais peut-être pas le coût de la vie ici. Nous gagnons plus (en FCFA) mais dépensons également plus: un hamburger au McDonald coûte 4$ soit 2.000FCFA sur une base de 1$/500FCFA. Combien coûte un burger là où tu vis? N'est-ce pas le même ordre de prix?

Pour un salaire annuel net de 20.000$ (10.000.000FCFA) si tu dois payer ton appart à 600$ mensuel ou 7200$ annuel (3.600.000FCFA) l'eau, l'électricité et le chauffage 75$ mensuel ou 900$ annuel (450.000FCFA) et le transport en commun 100$ mensuel ou 1200$ annuel (600.000FCFA), le panier de nourriture (500$ mensuel ou 6000$ annuel ou 72.000FCFA) il te reste exactement 4700$ (2.350.000FCFA) pour l’année soit 391$ (195.500FCFA) par mois pour payer le téléphone cellulaire, la télé, quelques sorties, tes études supérieures (entre 600$ (300.000FCFA) et 2000$ (1.000.000FCFA) par cours pour un programme de 10 cours). Déjà là, tu t'endettes…

Alors, comment aller te voir, à 2.000$ (1.000.000FCFA) le billet plus les dépenses sur le terrain, sans compter que tu continues de payer ton loyer et autres frais ici. Ces calculs sont basés sur le coût de la vie dans une ville canadienne où la vie coûte moins cher. Essaie Toronto ou Vancouver...

Ce n'est pas facile ici non plus, cousine... »

Mes calculs étaient rapides, et peut-être grossiers. J’ai essayé de brosser un portrait de la vie d’une partie de la Diaspora, celle qui souffre de ne pas pouvoir rester aussi connectée qu’elle le voudrait au Continent. J’ai essayé de démontrer qu’ici comme ailleurs, la vie est un champ de bataille quotidien et que peu importe où on est, l’argent reste le nerf de la guerre qu’on y mène pour survivre. J’espère y être arrivé."


J'ai quelques amis économistes et c'est vers eux que je me tournerai pour "résoudre" cette équation. Quant à vous, qu’en pensez-vous ?

Fêter 45 anniversaires à la pizzeria du coin: une autre forme de migration

Hier nous avons célébré l’anniversaire d’un collègue. La soixante d’employés que nous sommes dans mon immeuble s’est retrouvée autour de pizzas, de fruits et de boissons gazeuses. Nous lui avons fait une surprise qu’il a beaucoup appréciée : la pizza avait été commandée et livrée par un restaurant qu’il fréquente depuis 45 ans! Au cours du déjeuner, il a parlé de son appréciation de ce restaurant, et du fait qu’il est né et a grandi dans ce quartier, le même dans lequel se situent nos bureaux.

La pizzeria du coin Source: www.linternaute.com
J’ai été frappé par cette révélation et par la relation de mon collègue à un lieu géographique. Il y a plusieurs semaines, je découvrais qu’une de mes amies, professeur d’université, était l’une des rares personnes que je connaisse qui enseignent à l’université dans la ville où ils sont nés et où ils ont grandi.

J’avais oublié qu’il existe encore des personnes attachées à un endroit précis, une ville, un quartier, un bloc, des rues, des personnes qui auraient pu choisir d’aller ailleurs et qui ne l’ont pas fait, des personnes qui, vraisemblablement le resteront toute leur vie.

Nous autres, migrants perpétuels ou immigrants d’une fois, nous autres « étrangers », « Mopaya », n’avons pas le même rapport au lieu. Pour des raisons diverses qui bien trop souvent nous dépassent, nous avons quitté ces endroits chers à nos cœurs pour nous attacher à de nouveaux paysages. Et quand, par chance, par choix ou par obligation, nous retournons vers les contrées de nos vies passées, ces coins que nous avons quittés enfants, adolescents ou jeunes adultes, nous sommes souvent déconnectés.

Les endroits changent et se métamorphosent. Ils ont changé quand nous y retournons,  et nous de notre côté, avons évolué. Le décalage dans l’espace, la distance de la migration, apparait également comme un décalage dans le temps. Ces places, ces lieux, ces espaces n’existent plus que dans nos mémoires. Nous n’aurons plus jamais l’occasion de les visiter, comme la pizzeria de mon collègue : cette tradition est disparue.

Il nous restent les goûts et les odeurs, bien que les parfums et les saveurs changent eux aussi...

Nostalgie! Panique! Que faire alors face à ce vide? Pour plusieurs, je sais qu’il s’agit de revenir souvent pour « rester ancré. » Revenir vers la terre natale, cultiver les liens avec les familles tout en s'enracinant dans cette nouvelle vie. Pour d’autres, au contraire, il faut simplement créer de nouvelles traditions, apprendre à aimer les lieux qu’on fréquente et les parfums qu’on respire. Il faut vivre au présent, en somme, et laisser le passé derrière, par choix ou par nécessité, même si on le chérit et qu’on en entretient la mémoire. Le temps n’est-il pas ainsi fait, de toute façon, que tout change constamment autour de nous?

Ceci dit, pour moi, tout cela est trop éphémère et je suis de ceux -j'en connais peu- qui se créent une troisième voie: toujours recommencer.

An 2015: jour 2

Heureuse année 2015, cher(e)s ami(e)s du voyage et de la migration!


Je vous souhaite des pérégrinations lointaines et enrichissantes, comme celles de mes proches qui voyagent au Costa Rica, en Chine ou encore au Portugal! Du bonheur en boîte à toutes ces familles qui s'agrandissent cette année, du baume au coeur de ceux qui souffrent la perte d'êtres chers et pour tous: la santé, l'amour et le succès!

Rayonnez! Le monde n'est pas le même sans votre sourire!


En attendant de nouveaux mots

Source: laclassebleue.fr
Désolé de ne pas mettre à jour ce blog ces derniers mois. Vos contributions sont cependant bienvenues, si vous voulez les y publier. C'est un espace pour tous les Mopaya de ce monde, tous les étranger(e)s, tous les transitaires, les migrant(e)s, les aventurier(e)s.

"Écrire, c'est peindre des mots..."



Third Culture Kid (TCKid ou TCK)

Parmi mes nouveaux amis, il y a des TCKids... qui ne savent pas ce que c'est qu'un TCKid!! J'ai donc pensé à faire un "rappel" ici. Comment ne pas partager cette vidéo qui se trouve sur la page principale du site web www.tckid.com. En passant, merci à Napo et à AAA (qui se reconnaîtront) qui m'ont fait découvrir et qui ont rappelé ce terme et ces ressources à ma mémoire.

"D'où viens-tu?
- Well... ma langue n'a pas de mère...
Avant de savoir marcher, je savais voler..."

À tous ceux qui peuvent se sentir chez eux n'importent où dans le monde, ceux qui ont du mal à s'engager parce qu'ils sont conscients que rien n'est durable, à tous ceux qui parlent plusieurs langues, ont développé une grande empathie et une belle humilité, et souffrent d'être toujours si loin de leurs amis... Je vous invite aussi à aller voir ce documentaire. L'introduction est vraiment bien faite et on y découvre que les défis des TCKids sont, toute somme, universels.



Nelson Mandela

Page de Google sur Nelson Mandela - 12 Janvier 2014
Il y a des choses qui, quoi qu'on en dise, constituent un choc. Il en est du temps qui passe et des éléments qui marquent cette marche inexorable. J'ai vécu le départ de Nelson Mandela comme un de ces évènements qui, bien qu'inéluctables, nous surprennent quand-même, et nous rappellent que tout passe.

Voilà plus d'un mois que c'est arrivé. Pendant cette période de deuil personnel, j'ai beaucoup lu et parlé. J'ai, entre autres, échangé avec mon amie Natasha Mohammed, fervente défenseur des droits de la personne, professeur en résolution de conflits à l'Université de Winnipeg au Manitoba, et actrice de l'implantation de la politique canadienne du multiculturalisme, pour qui la pratique est aussi importante que la réfléxion.

Pacificatrice dans l'âme et artisane de la paix de formation, Natasha Mohammed, qui a fait un voyage en Afrique du Sud quelques mois avant le décès de Madiba, est particulièrement touchée par la vie et le message de ce dernier: "Sa vie était son véritable enseignement, m'a t-elle dit. Je ne veux pas le déifier et le voir plus qu'un être humain qui avait certains atouts et qui a choisi de les mettre au service des autres. Nous pouvons tous le faire, ce qui est difficile à accepter si nous pensons que seuls les êtres brillants et exceptionnels peuvent provoquer le genre de changement et de relations positives qu'il a contribué à créer. Je pense plutôt à la manière dont les actions de Madiba et d'autres peuvent me servir à être une meilleure artisane de la paix. Je crois qu'il s'agit d'une meilleure façon d'honorer sa vie que de prêter attention aux platitudes selon lesquels il serait merveilleux et plein d'inspiration. Je préfère qu'il ait un impact sur mes actions quotidiennes, et non mes mots et mes pensées."

Natasha faisait écho à mes commentaires au sujet de mes citations préférées de Mandela. Elles rappellent d'une part la responsabilité de chacun de défendre ses croyances et de se battre pour plus de justice, et d'autre part la capacité que nous avons, chacun et tous, de le faire. J'ai également lu des articles publiés sur un de mes blogs préférés, Africa is a Country, et je vous en propose quelques uns en partage ci-bas (en anglais), avant de conclure sur une de mes chansons préférées de Johnny Clegg, Asimbonanga.

De Mandela et de la décolonisation / De l'impact des commémorations / Du Legs de Mandela / Une playlist de jazz sud africain pour Mandela / Des posters qui ont ébranlé l'Apartheid / De la confusion quant à la perception de Mandela / et un de mes préférés, parce qu'il remet en question notre fascination pour le personnage, Pourquoi ne parlons nous pas des politiques de Nelson Mandela?



Ironies de l'intégration

Source: http://www.reginaiwc.ca
« Ce qui est dommage dans cette histoire, dit Jean-René Milot, professeur au Département de sciences des religions de l’UQAM, spécialiste de l’islam et des accommodements religieux, c’est que l’un des signes les plus marquants d’intégration, c’est de vouloir être enterré ici. »

L’ironie de cette phrase qui vient conclure l’article de Jean-Benoît Nadeau paru dans l’actualité a attiré mon attention. Milot commentait la bataille que se livrent Stéphane Gendron le maire de Huntingdon – localité de 2 500 habitants située en Montérégie- et des élus municipaux qui refusent de vendre un lot à une association musulmane afin qu’elle puisse y établir un cimetière musulman. Il n’y en a qu’un seul au Québec, le Cimetière islamique de Laval, dont les places seront bientôt toutes remplies.

« Comment une société peut-elle se priver d'autant de talent, de compétence et de capital humain? » se demande Michel Laliberté quant à lui, dans Le Colonialisme du capital humain dans La Voix de l’Est. Il y raconte l’histoire –que nous connaissons tant- d’une immigrante formée dans son pays d’origine et qui, malgré ses 23 ans d’expérience de travail, dont sept au Québec, se voit accorder l'équivalent d'un certificat universitaire par le ministère de l’Éducation qui l'invite à retourner faire un baccalauréat et une année de stage non rémunéré. Comble de l'ironie, elle serait dans les mêmes cours que ceux-là même à qui elle a enseigné! « Refuser de reconnaître les études des immigrants qui viennent chez nous pour travailler, c'est regarder nos nouveaux concitoyens de haut. C'est une forme de colonialisme » conclut le journaliste. 

À tous nos lecteurs, nous souhaitons une année 2014 pleine de paix, de succès et de prospérité. 

De la peur de l'immigration

Source: Europenroll
Il est étonnant d'observer qu'en France où le nombre d'immigrants est proportionnellement inférieur en 2010 (6%) qu'il ne l'était en 1982 (7%), on renvoie quatre fois plus d'immigrants illégaux chez eux qu'il y a dix ans.

Pourtant, d'ici 2060, l'Europe friserait la crise démographique et compterait 70 millions de personnes de moins, sans l'apport de l'immigration.

Alors pourquoi cette peur croissante de "l'étranger"

Du racisme français


Les voyages d'africains vers la France remontant au XIVe siècle sont sans doute forcés. C'est le siècle de l'expansion de la traite vers l'Amérique. Avant, les choses avaient l'air plus glorieuses pour le continent noir et il semble que les normands se soient bien entendus avec les Wolofs deux siècles plus tôt.

Si l'étude de la pensée de Frantz Fanon est aussi bonne que le dit Raphaël Adjobi,  et si l'auteur y présente des penseurs peu connus des africains comme Anténor Firmin et Melville J. Heskovits, je vous recommande de lire Du racisme français: quatre siècles de négrophobie d'Odile Tobner.

Ce qui me frappe, c'est le rappel de l'institutionnalisation du racisme dans la société française, la négrophobie qui traverse les âges, la recherche par la société française d'une justification pour ses abus (le parallèle avec la fable Le loup et l'agneau  de La Fontaine est d'ailleurs fort judicieux) et le flot continu de migrants.


Vous voulez aider quelqu’un ? Taisez-vous et écoutez!

Dans la même vaine que mon billet précédent je vous présente la description de cette belle expérience de développement économique durable. Il s'agit de Enterprise Facilitation (Facilitation de l'entreprise) une approche développée par le docteur Ernesto Sirolli, Directeur général du Sirolli Institute, spécialiste en développement économique durable et conférencier de renom.

On peut lire la transcription de sa présentation à TEDx ChristChurch (Nouvelle Zélande) sur le blog d'Immigré Choisi, un de ceux que je consulte de plus en plus souvent!

Sirolli qui est l'auteur de Ripples from the Zambezi: Passion, Entrepreneurship and the Rebirth of Local Economies recommande de lire Dead Aid (L'aide fatale) de Dambisa Moyo, qui commente les ravages causés par 2 000 milliards de dollars US donnés en aide au développement à l'Afrique pendant 50 ans.






Qui a dit que nous avions besoin de vous?

En général, il faut avoir lu un livre avant de le recommander. Pouvoir le commenter, dire pourquoi on l'apprécie et ce qu'on en pense. Le critiquer un peu, en dire de bonnes ou de moins bonnes choses. Mais cette fois-ci, c'est que je fais confiance à la source de cette information, qui m'est parvenue par le biais de la liste d'envoi du RPCDI, un réseau de professionnels en développement international. Wes Darou est un praticien de renom qui a récemment pris sa retraite. Il s'est spécialisé dans la gestion du risque et l'éducation en Afrique. Il écrit ceci:

"Écosociété, la même maison d'édition qui a produit le célèbre Noir Canada, vient de sorti un nouveau livre, Qui a dit que nous avions besoin de vous, par Jacques Claessens. Vous le connaissez peut-être. Il avait une boîte de consultation en évaluation à Montréal. 

Essentiellement, c'est l'histoire de trois projets de l'enfer au Burkina Faso. Nous avons tous vécu projets semblables. Des fois le livre est comique, des fois on veut pleurer, mais surtout on roule les yeux! 

Disponible en format eBook pour 20 $ immédiatement ou imprimé pour 30 $. Bonne lecture !

Wes Darou, grand-papa agréé 

http://www.ecosociete.org/t172.php 

Qui a dit que nous avions besoin de vous? : Récits de coopération internationale
par Jacques Claessens, préface de Normand Baillargeon           



« Mais qui vous a dit que ces populations avaient besoin de vous ? » Cette question, posée par un homme du nord du Burkina Faso, révèle toute la complexité que peuvent revêtir les projets d'aide internationale pilotés par les grandes institutions internationales et les ONG. Car qui sommes-nous pour penser intervenir dans les pays du Sud ? Tenons-nous vraiment compte de la réalité des populations locales ? Comment sassurer de leur coopération pour réaliser des projets qui soient durables? 

Avec un sens hors pair du récit, Jacques Claessens, qui a parcouru l'Afrique pendant une trentaine d'années, relate les aventures entourant des missions d'évaluation qu'il a menées au Burkina Faso entre les années 1980 et 2010 pour le compte du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). De la gestion des troupeaux des Touaregs du Sahel à l'aménagement des forêts du Sud, en passant par l'exploitation d'une mine d'or par une compagnie canadienne se présentant comme « socialement responsable », le consultant en coopération internationale confronte une à une les prétentions de ces « développeurs ».

Dans une chronique qui mêle habilement analyse du système de laide internationale et récit de vie des coopérants en Afrique, Jacques Claessens raconte les espoirs et les déceptions, les réussites et les erreurs des gens qu'il a croisés sur sa route, mais aussi les jeux de coulisses dans les institutions, le racisme ordinaire, la violence politicienne.

Après avoir travaillé en Afrique, Jacques Claessens sest établi au Canada, où il a oeuvré dans le domaine social et international. Ayant fondé son propre bureau-conseil, il a réalisé des missions pour le compte d'organisations d'aide au développement pendant une vingtaine d'années. Lauteur, décédé subitement en 2012, a passé les dernières années de sa vie à écrire sur ses expériences en Afrique."

Je connais beaucoup de coopérants qui en auraient énormément à raconter sur les expériences. J'ai hâte de lire le livre de Claessens.

Diaspora diapo: Haïti chérie

Ce billet est écrit dans le cadre d'une série de brefs regards jetés sur les diasporas 


Source: R. Fadden, Tourisme Montréal
Cet après-midi j'ai entendu parlé créole dans les sous-sols de l'immeuble Jean-Talon à Ottawa. Collègues enjoués.

Leurs intonations chantantes m'ont réchauffé le coeur et ont empli mon esprit de souvenirs. Agréables.
On parlait de danse, avec ma gang de chum haïtiens.
On riait aux larmes.

En quelques secondes, j'ai voyagé à Montréal, autour des HEC Montréal et de l'UQAM. Voyagé dans l'espace et dans le temps. Pour revenir aussi vite, dans l'un des ascenseurs qui mènent au deuxième.  

Femmes et nouveaux-nés incarcérés

 Photo :  iStockPhoto
Je me lance dans un film français de l'année, Ombline. Il nous plonge dans l'univers carcéral des femmes en France. Dans ce cas-ci, Ombline qui a perdu son conjoint lors d'une arrestation musclée ayant mal tourné, s'aperçoit qu'elle est enceinte. Seulement, elle est en prison pour trois ans pour avoir agressé un des policiers qui arrêtait son mari.

Ce film m'a ramené à la série québécoise Unité 9 où les femmes sont présentées dans un univers inhabituel, celui de la prison. Là, plus de fard ni de vernis, plus de perruque ni de masque, on explore les émotions fortes qui nous lient, sous un nouveau jour: amour, haine, violence, passion, trahison.

Si, dans Unité 9, le fait qu'il s'agisse de femmes est particulier, À travers l'histoire d'Ombline et de son fils Lucas, c'est le cas particulier de la maternité qui est exploré.

Il est de notoriété publique que les prisons sont plus peuplées par des minorités visibles et que bon nombre d'entre eux sont des immigrants (petit raccourci que je n'ai aucune donnée à utiliser pour étayer...) Une des co-détenues d'Ombline, Yamina, a aussi un fils, Hicham et est d'origine arabe. Quels drames vivent les familles de nouveaux arrivants lorsqu'elles sont séparées par ces murs sensés préparer la population carcérale à sa "réinsertion"? Que deviennent les enfants nés de femmes immigrantes nés en prison? Suivent- ils le même parcours que Lucas ou Hicham? Ombline doit laisser partir le premier dans une famille d'accueil -une famille aisée- quand il a 18 mois. Elle le voit peu par la suite mais le retrouve à la fin de son incarcération en bonne santé et bien entouré. Yamina, la mère d'Hicham, quant à elle, sort de prison avec son fils. Seule face aux lourdeurs administratives du système et au rejet des autres, s'en sortira t-elle aussi bien?